Cheval de guerre

Cinéma, Action & aventure
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Cheval de guerre

Dès les premières images de 'Cheval de guerre', nous plongeons dans une représentation du Devon du début du XXe siècle maniérée, manquant de naturel. Et malheureusement, la majeure partie de cette adaptation du roman de Michael Morpurgo, très conventionnelle et sans prise de risque, nous laisse désespérément désireux de retrouver un semblant de réel au milieu de tant d'artifices. C'est donc dans le Devon que nous faisons la connaissance du jeune Albert (Jeremy Irvine), de ses parents agriculteurs (Emily Watson, Peter Mullan) et de son cheval et ami Joey, auquel il est très attaché. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Joey est réquisitionné et le film nous entraîne à sa suite, la ribambelle de ses propriétaires nous conduisant de la campagne anglaise jusque sur le front occidental. En définitive, c'est seulement au moment où trois officiers de l'armée (Benedict Cumberbatch, Tom Hiddleston et Patrick Kennedy) entrent en scène, s'engageant dans la bataille avec le brio qui manquait aux scènes précédentes, que nous rencontrons quelque chose à la hauteur de nos espérances de la part du réalisateur de 'Il faut sauver le soldat Ryan' et 'E.T.'.

C'est vrai, Spielberg parvient toujours à surprendre et impressionner, notamment dans une séquence brillante où l'hélice pivotante d'un moulin à vent dissimule une exécution au beau milieu de la France rurale. Quand sa représentation de la guerre semble trop douce, l'angle de la caméra s'élargit pour révéler un champ de bataille en ruine. Il y a encore d'autres moments forts, comme lorsque la course folle du cheval dans la bataille offre plus de sang et de chair que nécessaire. Ou encore lorsque deux soldats ennemis font équipe pour libérer l’animal.

Au fond, le principal problème de ce 'Cheval de guerre' n'est pas tellement d’être un film à tiroirs – ce qu'il est malgré tout puisque l'odyssée du cheval le mène auprès d'une multitude de personnes et de lieux, reléguant fatalement l'Albert d'Irvine à un lointain souvenir –, mais plutôt que Spielberg ne parvienne pas à se dépatouiller de la contrainte imposée par le scénario : un film où l'animal est la figure centrale. Là où Morpurgo avait fait le choix d'une narration à la première personne (celle du cheval) dans son roman, la pièce de théâtre était portée par un spectacle de marionnettes sensationnel. Ici, tout ce que Spielberg peut faire revient à observer la créature, tirer le meilleur parti des rares situations de péril et espérer que le drame environnant soit suffisamment distrayant. Si certaines visions quasi mythiques, dignes d'un conte de fées, passent à la limite, il semble tout de même y avoir une contradiction aliénante dans le va-et-vient de Spielberg, tiraillé entre la sauvagerie de la guerre et… sa peur d'effrayer les chevaux.

Par Dave Calhoun / trad. C. Barbe

Détails de la sortie

Date de sortie mercredi 22 février 2012
Durée 120 mins

Crédits

Réalisateur Steven Spielberg
Scénariste Richard Curtis, Lee Hall
Acteurs Emily Watson
Peter Mullan
David Thewlis
Tom Hiddleston
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