Des vents contraires

Cinéma, Drame
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Des vents contraires
(c) Universal Pictures International France
Des vents contraires

Il y a bien des choses plaisantes dans le deuxième film de Jalil Lespert. Inspiré par un roman d'Olivier Adam, il déploie une tragédie familiale en forme de crime irrésolu. Une jeune mère de famille (Audrey Tautou) disparaît brutalement. Le père (Benoit Magimel), d'abord pointé du doigt par les enquêteurs, se retrouve seul avec ses deux enfants. Un an plus tard, accablé par les doutes et l'absence, il décide de quitter Paris pour Saint-Malo.

On est ici face à un mélo plutôt gracieux qui évoque cette période à la fin du deuil, où il faut trouver l'énergie de recommencer. Les acteurs sont convaincants, les paysages sont photogéniques et le drame, pudique, réussit dans l'ensemble à éviter les écueils des mauvais tire-larmes. Seulement, on a l'impression d'avoir affaire à une succession de mises en situations émouvantes, de jolies petites diapositives qui filent sur le littoral sans jamais nous emporter au large.

Alors, ce n'est pas désagréable à regarder, mais rien ne vacille vraiment, rien ne dérange, rien ne fait mal. On aimerait entrer dans l'histoire, pouvoir s'accrocher à un point de la narration, se laisser tirer vers le fond, remonter et sentir le vide oppressant qui colle à la peau de ceux qui s'approchent trop près du gouffre. On reste conscient de la démonstration.

Il s'agit d'un film sur la façon dont on se relève, et pas sur celle dont on s'écroule, certes. Mais l'eau est tiède. Les acteurs semblent pouvoir offrir à leurs personnages la profondeur nécessaire à la construction d'un vrai drame psychologique. Hélas, les ressorts de l'intrigue manquent d'épaisseur et le tragique est convenu.

C'est une jolie ballade à la frontière du pathos, pas très loin du bon film et à plusieurs kilomètres de l'ennui. En allant vous promener par-là, vous risquez de faire quelques belles rencontres, mais ne vous attendez pas à être réellement troublé.

Par AW

Détails de la sortie

Date de sortie samedi 1 janvier 2011
Durée 91 mins

Crédits