J. Edgar

Cinéma, Drame
  • 2 sur 5 étoiles
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J. Edgar

Il serait resté trop longtemps chez sa maman, aurait fait les gros titres et écrit quelques vilaines lettres… Voilà une vision bien légère du personnage, compte-tenu de l'ambition franchement crypto-fasciste de J. Edgar Hoover, premier patron du FBI. Du coup, ‘J. Edgar’ est très vite exaspérant par sa timidité, son absence de sens critique. Hoover a beau être considéré comme une sorte de « patriote » aux States, c’est pas non plus une raison.

Passant des attentats anarchistes des années 1920 à l’ère des Kennedy, ce film offre à Leonardo DiCaprio l’étrange opportunité de parader bardé de prothèses, ou de trafiquer sa voix en permanence. A tel point qu’on ne parvient jamais vraiment à se figurer la puissance du Hoover historique, ni sa rage. A la limite, on se laisse parfois distraire par une Ed Westwick sortie de ‘Gossip Girl’. Ou par une Naomi Watts souffreteuse, qui ne fait que souligner la maladresse générale de l’entreprise.

Alors, haro sur Eastwood ? Le Clint a beau avoir pas mal joué les brutes épaisses, on sait quand même l'ancien inspecteur Harry capable de plus de discernement politique (par exemple avec son remarquable ‘Mémoires de nos pères’). Sa neutralité à l’égard d’un fou furieux comme Hoover ressemble donc bien à une occasion manquée de faire preuve de profondeur ou d’humour. En revanche, chose étrange, ce réalisateur ultra-classique s’est ici fendu d'un petit trip ‘Brokeback Mountain’, évoquant assez crûment la vie sexuelle de Hoover – et Armie Hammer, qui interprète Clyde Olsen, son « bras droit » dans les deux sens du terme, finit même par voler la vedette avec sa voix de velours, pleine de jalousie contenue. Etant donné l’escamotage politique de l’ensemble, ces scènes paraissent incroyablement bizarres ; un peu comme Dark Vador préparant un petit-déj au lit avec ce coquinou de Palpatine...

Par Joshua Rothkopf / AP

Détails de la sortie

Durée 135 mins

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