Le Genou de Claire (1970)

Cinéma, Comédie
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Le Genou de Claire (1970)

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Tourné en 1969 (année éminemment érotique, comme chacun sait), 'Le Genou de Claire' est l’avant-dernier volet des ‘Six Contes moraux’ d’Eric Rohmer – après ‘La Collectionneuse’ et ‘Ma nuit chez Maud’. Et il est souvent considéré comme l'un des meilleurs. Plusieurs raisons à cela. D'abord son interprète principal, Jean-Claude Brialy, qui trouve ici l'un des rares rôles à sa mesure : il incarne Jérôme, 35 ans, venu en villégiature près du lac d’Annecy pour ses derniers jours en célibataire, région où il avait, plus jeune, l'habitude de passer ses vacances. On est en plein été, Brialy barbu a une classe délicieuse et, comme souvent chez Rohmer, l’enchaînement des scènes paraît tout bonnement suivre les plus pures sollicitations du désir. Car il faut avouer que les films du réalisateur ont parfois des synopsis à faire pâlir d'envie n'importe quel scénariste de films érotiques – enfin, à l'époque où il y avait encore des scénarios dans ce genre de films. Jérôme, en effet, est entouré presque exclusivement de femmes. Il y a d'abord Aurora (Aurora Cornu), sa camarade romancière, qui lui lance des défis de séducteur rappelant assez clairement ceux de la marquise de Merteuil à Valmont, dans ‘Les Liaisons dangereuses’. Par exemple, séduire la jeune Laura, 16 ans (Béatrice Romand – qui devient ici l’une des actrices fétiches de Rohmer), joueuse et insolente, mais courtisée également par Vincent (Fabrice Luchini, déjà extraverti à moins de 20 ans). Surtout, il y a Claire (Laurence de Monaghan), une amie de Laura, délicate blondinette, amoureuse d’un « faux dur de la pire espèce » (dixit Brialy), et dont le genou osseux semble on ne peut plus fantasmatique. Bref, ça marivaude à tous les étages avec des dialogues qui pourraient donner une acception correcte à l’expression « sexe oral » : les mots y sont sans cesse équivoques. Ils ne circonscrivent pas un objet, mais au contraire ouvrent le champ du possible au désir. C'est extrêmement délicat, pudique, et en même temps tout à fait clairvoyant et perçant. Eros philosophe, n’est-ce pas délectable ?

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Par AP

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Durée 110 mins

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