Salo ou les 120 Journées de Sodome

Cinéma, Drame
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Salo ou les 120 Journées de Sodome

« Faibles créatures enchaînées, destinées à notre plaisir, j'espère que vous ne vous attendez pas à retrouver la liberté ridicule que vous concède le monde extérieur. » Nous voilà prévenus. Considéré par beaucoup comme insoutenable, ‘Salò ou les 120 journées de Sodome’, dernière œuvre de Pier Paolo Pasolini, assassiné peu avant la sortie du film, se révèle un testament d’une rare violence, mentale autant que physique. Transposant librement le roman éponyme du marquis de Sade dans l’Italie fasciste de la République de Salò, Pasolini cherche en fait déjà, comme le fera plus tard ‘Funny Games’, à dénoncer la violence en la poussant dans ses retranchements : humiliation, torture, viol, coprophagie, énucléation à la petite cuillère…

En somme, ‘Salò’ est tout sauf un film facile, qui a souvent pu être mal interprété – comme complaisant ou fasciné par le fascisme. Pourtant, à travers sa représentation de la violence, du sado-masochisme et du meurtre, c’est la société de consommation contemporaine que cherche à dénoncer Pasolini. Dans son film, « le SM a une fonction très spécifique, déclare-t-il ainsi, qui est de réduire le corps humain à un produit consommable. […] Mais mon besoin de réaliser ce film vient aussi de ma haine particulière des dirigeants d’aujourd’hui. […] Je ne crois pas que nous puissions jamais retrouver une quelconque forme de société où les hommes soient libres. Il ne faut pas l’espérer. Il ne faut même rien espérer du tout. L’espoir est une invention des politiciens pour satisfaire leurs électeurs. »

Ultime cri de révolte où le sublime de l’image répond à l’une des atmosphères les plus nauséeuses jamais créées au cinéma, ‘Salò ou les 120 journées de Sodome’ demeure un sommet de subversion indépassé, un monument transgressif où le mal, omniprésent, se sécrète lui-même à l’infini. Effectivement, ça a de quoi vous couper l’appétit.

Par AP

Publié :

Détails de la sortie

Noté 16
Date de sortie mercredi 12 juin 2002
Durée 120 mins

Crédits

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