The Deep Blue Sea

Cinéma, Drame
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The Deep Blue Sea

D’abord on est agacé par cette longue introduction secouée par de forts trémolos de violons. Puis après quelques scènes et de nombreux froncements de sourcils, saisis par la beauté surannée de Rachel Weisz. Il n’empêche qu’au terme du film on est surtout assommé par la lenteur du long métrage de Terence Davies. ‘The Deep Blue Sea’ ne dure pas deux heures et pourtant son phrasé prend corps dans une langueur qui anesthésie doucement le spectateur. Certains trouveront l’adjectif rédhibitoire et pourtant, il y a quelque chose de jouissif à assister à la lente désagrégation des liens amoureux. Rien de péjoratif finalement à dire que le film traîne à raconter les illusions perdues d’Hester Collyer. Une Emma Bovary à l’anglaise, qui délaisse le confort bourgeois offert par son mari William pour se réfugier dans les tumultes de la passion auprès de Freddie, ancien pilote de l’armée de l’air britannique. Une histoire de triangle amoureux somme toute classique mais qui dissèque avec intensité et justesse l’envolée des illusions. Le film réussit là où d’autres échouent, capturant le pathos de la situation dans ce qu’il a de plus nerveux, de plus humain. Les scènes de pleurs se transforment en éclats de colère, la peine en incompréhension. La pièce du dramaturge Terence Rattigan (il faut croire qu’il y a beaucoup de Terence en Angleterre…) touche juste parce qu’elle ne tente pas d’expliquer l’inexplicable mais met en scène l’abandon dans son état gazeux. Magnifiée ici par la charnelle Rachel Weisz, Hester Collyer rappelle les héroïnes perdues de Racine. Une belle métaphore de l’insoutenable légèreté de l’amour, à réserver pour ces dimanches trop longs que l’on aime finir sur une touche mélancolique.

Par Elsa Pereira

Détails de la sortie

Date de sortie mercredi 20 juin 2012
Durée 98 mins

Crédits

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