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Critique
À l’aube de ses 75 ans, cette institution imaginée par Marius Marcel sur la presqu’île de Giens, alors chef cuisinier du Lido, s'octroie une cure de jouvence patte Rodolphe Parente. Le renouveau s’opère sous l’impulsion de Damien et Benjamin Piffet, petits-fils aussi dynamiques que leurs aïeux, nourris depuis l’enfance à l’art de recevoir. Aux côtés de leurs compagnes, Julie Liger et Lene Arentsen, à qui l’adresse doit notamment un picking pointu d’œuvres – des toiles de Johanna Solal à la fresque XXL du très convoité Maximilien Pellet – ils insufflent un nouvel esprit sans renier l’âme du lieu.
Perché entre criques émeraudes et village provençale, bi-goût pour préserver à la fois l’harmonie de Giens et l’uniformité visuelle d’un littoral bijou, ce pied-à-terre séduisait déjà le tout-Paris à la moitié du siècle dernier, mais aussi les membres du jury et invités du festival de la Mode de Hyères, ainsi que de la Design Parade organisée par la Villa Noailles depuis 1986. Aujourd’hui, sa réputation dépasse largement les frontières. Et pour cause, il offre une parenthèse de quiétude sans pareil et à n’importe quel urbain soucieux de rompre avec le tumulte sans faire le choix d’une hutte austère.
Dans les 41 chambres de ce paradis caché, l’accueil se fait sur un fond de jazz enveloppant. Exit la TV : reléguée aux oubliettes, elle cède la vedette à une baie vitrée d’au moins 98 pouces, que l’on prendrait volontiers pour un vidéoprojecteur si la profondeur de champ n’était pas si vertigineuse. En contre bas, 2 hectares de pinède et un panorama méditerranéen grandiose, embrassant la mer et les îles d’Hyères, du Grand Ribaud et du Petit Ribaud jusqu’à Porquerolles. Dans les suites, cette vue s’invite même dans la salle de bain si tant est que l’on opte pour le bon côté dans la double douche qui jouxte la baignoire.
Après un petit déjeuner, ou en prélude à une pause méridienne à La Rascasse - où Sébastien Graize signe une partition culinaire lisible qui magnifie le terroir varois et la pêche des pointus de la rade (mention spéciale pour l’huître n°1 de la maison Tabboureich) – cap sur l’iconique piscine creusée à flanc de falaise et son plongeoir. Quelques brasses ou une balle de match plus tard, au bar du soleil abrité sous la canopée, on sirotera volontiers une quille bien sourcée. Il nous tarde de revenir pour un cocktail très couture au pocket bar, écrin feutré en hommage au cabaret où se sont écrits les premiers chapitres de cette histoire familiale et surtout aux héroïnes du livre.
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