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6 raisons de préférer le bus

Ou pas

1/ Eloge de la lenteur

Parce que c'est le meilleur moyen de réapprendre à prendre le temps, arrêter sa course folle de Parisien pressé pour apprécier les minutes qui filent alors que ce feu rouge vous permet de mieux concevoir l'éternité, ou que le camion de livraison qui bouche la rue décharge sa cargaison au ralenti. Vous êtes en retard de deux heures et vingt minutes pour votre séance de ciné ? Pas grave, vous ne vouliez pas vraiment le voir, 'Un château en Italie'.

2/ Des pépés et des bébés

Parce que c'est l'occasion exceptionnelle de nouer des liens entre générations qui s'ignorent trop souvent. Dans un même lieu, le troisième âge et les poussettes s'entrechoquent pour faire risette. C'est avec un plaisir non dissimulé que vous laissez votre place à cette dame (pourtant, de loin, vous auriez juré qu'elle était assez jeune pour tenir debout toute seule) et que vous sacrifiez vos doigts de pied pour que la troisième poussette de cette gentille maman puisse se garer à côté des autres.

3/ Comme dans un film d'action

Parce que le conducteur est toujours sympa avec vous. Quand vous arrivez en courant, il démarre en trombe, car il sait combien vous avez manqué d'exercice physique ces derniers mois. Vous vous lancez alors dans un sprint digne de Tom Cruise dans 'Mission Impossible'. Grâce à ce gentil chauffeur, vous êtes devenus un héros de la vie ordinaire et vous avez perdu 200 calories. Eh oui, il ne va pas se faire tout seul, ce régime !

4/ Magic Bus

Vous avez sans doute déjà remarqué, quand il pleut dehors, l'intérieur du bus se transforme en salle de bain : c'est tout humide et les vitres sont pleines de buée, vous n'y voyez goutte. Mais votre mémoire dépose soudain un souvenir au creux de vos pensées, rappelant les jeux de votre enfance, où une vitre embuée se transformait en une toile improvisée et votre doigt en pinceau alerte. Vous êtes soudain Picasso, Delacroix, Monet... Alors vous laissez libre cours à votre imagination débordante, vous dessinez un cœur ou une bite.

5/ Alea Jacta Est

Haaa, le charme indéfinissable du hasard. Oui, avec le bus à Paris, le sort en est jeté. Il faut savoir lâcher prise et oublier le contrôle sur sa vie, dans la mesure où, sur 353 lignes de bus, vous n'en connaissez que 2. Alors quand vous attrapez un bus à la volée, vous ne savez pas vraiment où il va, à quel arrêt descendre, comment faire pour vous repérer, pourquoi vous êtes là... Tandis que dans le métro, vous vous déplacez presque à l'aveugle, le bus vous oblige à rester sur vos gardes, à surveiller l'avancée du trajet, à zieuter le nom des rues ou les monuments qui vous rappellent vaguement quelque chose. Si vous êtes un peu pétochard, vous demandez même au chauffeur de vous indiquer votre arrêt, histoire de vous détendre, après tout c'est dimanche.

6/ "Mes Regrets" (Michel Polnareff)

« Rhaa, on aurait dû prendre le métro ! » Cette phrase, qui marche aussi en remplaçant métro par vélib/autolib/pieds/trotinette, vous l'avez certainement prononcé au moins une fois dans votre vie à l'intérieur d'un bus. Le bus, c'est le temps des regrets, du « si j'avais su, j'aurais pas venu », de l'acte manqué. C'est l'immobilité au milieu de la circulation, c'est l'ancien confronté au moderne, c'est la frustration durable à l'âge de la satisfaction immédiate. C'est l'antithèse de la vie contemporaine, et rien que pour ça, on le déteste.


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