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Adel Abdessemed : solo d'adieu pour la galerie Yvon Lambert

L'artiste franco-algérien signe la dernière exposition de la galerie, qui fermera définitivement ses portes le 31 décembre

  • Photo : © TB / Time Out

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  • Courtesy de l'artiste et de la galerie Yvon Lambert

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    Vue de l'exposition d'Adel Abdessemed, 'Solo', novembre 2014 / Photo : © TB / Time Out

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Il l'avait annoncé au mois de juillet : après pas loin de cinquante ans de présence dans la capitale, Yvon Lambert, 78 ans, a décidé de fermer les portes de sa galerie parisienne pour se consacrer à sa fondation avignonnaise. Disparition programmée le 31 décembre 2014 pour cette institution de l'art contemporain qui a fait le tour de Paris depuis sa création en 1966, avant de terminer son voyage au 108 rue Vieille-du-Temple. Entre-temps, Carl Andre, Sol LeWitt, Richard Long, Cy Twombly ou Jean-Michel Basquiat sont passés par là, bien avant que la galerie ait atteint l'âge légal de siffler des coupes de champagne. Puis sont arrivés, avec la maturité, les Douglas Gordon, Anselm Kiefer, Bertrand Lavier et autres grands fidèles de Lambert comme Andres Serrano, bientôt suivis par une nouvelle génération d'artistes dont Mircea Cantor, Loris Gréaud, Shilpa Gupta, Nick Van Woert...

... et enfin, Adel Abdessemed. C'est l'artiste franco-algérien de 43 ans, auquel le Centre Pompidou avait consacré une importante exposition personnelle en 2012, qui vient clore le bal. Jusqu'au 20 décembre, son « solo » émet une dernière note sobre et solennelle dans le vaste espace du Marais. Ici, pas de coup de boule de Zidane à Materazzi ni de Christ en fils barbelés. Pas de carcasses d'avion ni d'animaux calcinés, pour étayer la réputation explosive et rageuse d'Abdessemed. Juste quelques dessins au trait franc et enlevé. Des paysages elliptiques sculptés dans le marbre, noir ici, blanc là-bas. Deux vidéos toutes simples de Salma Hayek écrasant une pastèque au bord du canal Saint-Martin et de l'artiste brisant une ampoule. Et au milieu de tout ça se dresse, comme la dernière possession d'un appartement vidé avant un déménagement, une sculpture scintillante en lames de rasoir, représentant Adel Abdessemed et son père tels Abraham et Isaac. Le point d'orgue d'un parcours qui renferme jalousement sur lui-même ses allégories, ses éléments autobiographiques, sa portée politique et ses rêvasseries. Comme un dernier mot solitaire et poétique, à peine chuchoté.

Où ? Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, 3e.

Quand ? Exposition du 22 novembre au 20 décembre. Du mardi au samedi de 11h à 19h.
Fermeture définitive de la galerie le 31 décembre 2014. Entrée libre

 



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