Cherchez l'erreur

Art, Installation Libre
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 (Gohar Dashti, 'Today's life and war', 2008 / © Gohar Dashti / Institut des Cultures d'Islam)
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Gohar Dashti, 'Today's life and war', 2008 / © Gohar Dashti / Institut des Cultures d'Islam
 (Raeda Saadeh, 'Vacuum' / © Raeda Saadeh / Institut des Cultures d'Islam)
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Raeda Saadeh, 'Vacuum' / © Raeda Saadeh / Institut des Cultures d'Islam
 (Nermine Hammam, 'Upekkha', 2011 / © Nermine Hammam / Institut des Cultures d'Islam)
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Nermine Hammam, 'Upekkha', 2011 / © Nermine Hammam / Institut des Cultures d'Islam
 (Tanya Habjouqa, 'Occupied Pleasures', 2013 / © Tanya Habjouqa / Institut des Cultures d'Islam)
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Tanya Habjouqa, 'Occupied Pleasures', 2013 / © Tanya Habjouqa / Institut des Cultures d'Islam
 (Shadi Ghadirian, 'Nil Nil' / © Shadi Ghadirian / Institut des Cultures d'Islam)
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Shadi Ghadirian, 'Nil Nil' / © Shadi Ghadirian / Institut des Cultures d'Islam
 (Zoulikha Bouabdellah, 'Les Couteaux' / © Zoulikha Bouabdellah / Courtesy Sabrina Amrani / Institut des Cultures d'Islam)
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Zoulikha Bouabdellah, 'Les Couteaux' / © Zoulikha Bouabdellah / Courtesy Sabrina Amrani / Institut des Cultures d'Islam

Dans le panier de fruits de Shadi Ghadirian, parmi les pommes et les oranges, trône une grenade – celle qui explose, pas celle qui régale. Chez Gohar Dashti c’est un peu pareil : quand la photographe étend son linge, elle le fait sur des fils barbelés, au milieu d'un territoire hostile quadrillé par des soldats menaçants. Et lorsque Raeda Saadeh passe l'aspirateur, avec l'abnégation d'un Sisyphe, elle tente de dépoussiérer le désert, comme pour entretenir une Palestine qui attend toujours que ses habitants s'installent. On l'aura compris : les six artistes réunies à l'Institut des Cultures d'Islam triturent l'imagerie quotidienne pour mieux refuser que la guerre devienne leur routine.

Egypte, Iran, Palestine... Dans un monde arabe meurtri par les conflits terribles des années 1980, englué depuis des décennies dans les luttes israélo-palestiniennes, ou toujours sur le fil du rasoir entre dictature et printemps révolutionnaire, la guerre s'est insinuée dans la vie de tous les jours, ombre menaçante dont on ne se défait jamais vraiment. Au point que les motifs de l'ornementalisme oriental sont contaminés par des Mirages (Zoulikha Bouabdellah), ou que les images de soldats aux tenues sablées, le M-16 en bandoulière, semblent devenues tristement banales, jusqu'à s'inviter dans les fausses toiles orientalistes de Nermine Hammam, particulièrement réussies.

A cette présence visqueuse de la guerre, cette intruse qui se faufile partout, les six femmes répondent par l'ironie, l'humour et la légèreté. Si leurs propositions ne sont pas foncièrement originales, le résultat, drôle et cinglant, est imparable. Refusant les clichés qui leur collent à la peau et réduisent leurs peuples respectifs à des statistiques macabres dans le journal de 20h (et que le poignant poème de Rafeef Ziadah résume avec une terrible justesse), elles tentent de capturer la légèreté et l'espoir derrière les uniformes et les fantômes. A l'image des photographies de Tanya Habjouqa, prises dans les territoires occupés de Palestine et pourtant étonnamment burlesques, voire surréalistes, comme ce conducteur arrêté sur le bord de la chaussée pour fumer une clope assis à côté d'un mouton qui semble lui parler sur le siège du passager. Cherchez l'erreur.

> Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 21h (de 16h à 21h le vendredi).

Par Mikaël Demets

Publié :

Téléphone de l'événement 01 53 09 99 80/83
Site Web de l'événement http://www.institut-cultures-islam.org
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