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Des photos gravées dans le béton

Ni galeriste, ni maître

© Time Out Paris / Yves Czerczuk

Les murs de Paris sont-ils faits pour voyager ? Pour nous autres dont le quotidien n'est que trop marqué par le triste blanc haussmannien, la réponse est formellement négative. Pourtant, bien inspiré par le Street Art toujours en vogue, Kares Le Roy a semble-t-il décidé que ceux-ci représentaient la meilleure des fenêtres pour afficher les souvenirs de ces deux ans passés à explorer l'Asie. Après avoir placardé les façades parisiennes de la couverture de son livre '56.000km' en 2012, l'artiste récidive aujourd'hui en affichant sous cadre cinq photos tirées de ce livre, qu'il est allé lui-même bétonner à cinq endroits différents, des quais de Valmy (photo de couverture) aux murs du 104 en passant par les rues Amelot et Philippe de Girard, ou encore la rotonde de Stalingrad.


Si Kares Le Roy n'hésite pas à faire sa promo à même vos façades, il n'en oublie pas pour autant que l'art est à tous. Un brin blagueur, l'artiste a affirmé sur sa page facebook que toute personne retrouvant la photo pouvait repartir avec... À condition, bien sûr, de se défaire de la chape de béton entourant l'œuvre. En 2012, il était également retourné voir « sa grand-mère des Annapurna », celle dont la photo avait fait le tour du monde, pour lui offrir un exemplaire du livre et réaliser un court documentaire sur cette personne qui, dit-il, « représente à elle seule tout ce que j'essaie de montrer à travers mes photos : la beauté sans artifice, sans code, sans carcan ». De l'art engagé à sa manière et pour lequel Le Roy a trouvé un slogan de circonstance : Ni Dieu ni galeriste.



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