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Il a trouvé une aiguille dans une botte de foin

L’artiste italien Sven Sachsalber a pris l’expression au pied de la lettre au Palais de Tokyo, les 13 et 14 novembre, dans le cadre d'une performance

© Palais de Tokyo


« To look for a needle in a haystack. » « Cercare un ago in un pagliaio. » « Buscar una aguja en un panal. » « Eine Nadel im Heuhaufen suchen. » « Een speld in de hooiberg zoeken. » Lorsque les Français cherchent midi à 14h, les Mexicains, eux, cherchent trois pattes à un chat et les Brésiliens des poils sur un œuf. Mais quand il s'agit de trouver l'introuvable, tout le monde s'aligne. Qu'on soit Américain, Italien, Espagnol, Allemand ou Néerlandais, on sait que la tâche sera ardue et qu'on risque d'y laisser quelques plumes : on se retrouve immanquablement face à la proverbiale aiguille enfouie dans la légendaire botte de foin.

Après avoir avalé des champignons vénéneux, scié les branches d'un arbre en haut duquel il était perché et invité une vache à passer 24 heures dans sa chambre - tout ça au nom de l'art - Sven Sachsalber, célèbre pour ses performances extravagantes, a décidé de prendre l'expression au pied de la lettre. Les 13 et 14 novembre, l'artiste a cherché frénétiquement une aiguille que Jean de Loisy, directeur du Palais de Tokyo, avait soigneusement cachée dans une grosse botte de foin plantée au milieu de l'exposition 'Inside'. Sachsalber avait 36 heures pour farfouiller parmi les brindilles desséchées et trouver le Graal sous les yeux des visiteurs du Palais et des internautes (la performance était diffusée en direct). C'est chose faite ! L'artiste s'est emparé de l'aiguille le 14 novembre à 17h45, donnant fin à sa quête absurde, sisyphéenne et gratuite, qui évoque autant le jeu d'enfant qu'une métaphore simple - et belle - de toutes les recherches insensées qui régissent nos vies et auxquelles on s'adonne, parfois héroïquement.

L'exercice n'a pas été facile-facile pour Sachsalber. Quand on voit la taille de la botte, on se dit qu'il a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre. Mais c'était donc possible. Et puis ce n'était pas non plus (littéralement) la mer à boire : il aurait très bien pu passer la nuit sur la corde à linge ou se mettre un chat dans la gorge. Aïe.

Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson, 16e
Performance du 13 au 14 novembre 2014, de midi à minuit, dans le cadre de l'exposition 'Inside'
Entrée : entre 8 et 10 €



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