Jacques Grinberg : la peinture sans concession

Art, Peinture
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Grinberg (© Arnaud Legrain)
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© Arnaud Legrain
La censure, 1993, Jacques Grinberg
Grinberg (© Sylla Grinberg)
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© Sylla Grinberg
Fasciste (Tête de rat), 1985, Jacques Grinberg
Grinberg (© Arnaud Legrain)
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© Arnaud Legrain
La mer, 1971, Jacques Grinberg
Grinberg (© Patrice Bouvier)
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© Patrice Bouvier
Le Rhinocéros, vers 1968, Jacques Grinberg

Un peintre sans compromis qui, d'un trait de pinceau franc, exprime le rejet de toute forme de tyrannie.

L’œuvre de Jacques Grinberg est véhémente et animale. Comme pour une rétrospective, le musée d’Art moderne a choisi de montrer une sélection de peintures (qui tient en une pièce) illustrant les différentes périodes picturales de l’artiste. Et dans ses tableaux, c’est le pinceau qui sort de ses gonds. Déterminé et assertif, le geste du peintre bulgare ne s’autorise pas le luxe de l’hésitation. C’est dans la langue des couleurs les plus vives que s’exprime le rejet franc de toute forme de tyrannie, du fascisme à la bourgeoisie en passant par la censure, titre d'ailleurs de son tableau de 1993.

La couleur de la véhémence

Pas de pitié pour l’être humain. Le plus souvent, celui-ci fait figure d’accusé : il est représenté par ses torts (le militarisme et la violence, entre autres) et tordu, aussi, par des lignes au cubisme féroce. A tel point que son visage s’absente : englouti par une mer tumultueuse qui ne laisse voir qu’une mâchoire édentée, confondu avec les traits vils de la vache ou du monstre, ou encore pour laisser place à une pyramide et à des formes géométriques évoquant toujours des têtes de morts - les uns faisant drôlement penser aux œuvres de Francis Bacon, et les autres à celles de Jean-Michel Basquiat. Pourtant le peintre s’attache, de manière obsessionnelle peut-être, à faire exister l'œil de l’homme, comme en signe de cet apaisement impossible à trouver.

C'est que Grinberg mène un combat contre le monde-cirque né de la Seconde Guerre mondiale qui, dans ses tableaux, tire sa révérence. En rouge, noir et gris, en bleu, jaune et rouge ou en rouge et noir à l’encre de Chine, tous désignent le sang versé dans les sinistres carnavals qui marquent cette période. L’abstraction des dernières années ne cache rien de cette rage. Mais l’intense liberté de ses compositions rassure et fascine. A vrai dire, on aurait bien voulu que l’exposition envahisse les grandes salles du musée...

Par Lola Levent

Publié :

Téléphone de l'événement 01.53.67.40.00
Site Web de l'événement http://mam.paris.fr
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