James Reka : Mirage

Art, Street art Libre
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Mirage de Reka (© J.Reka/C.Gaillard)
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'Travel of Though' de James Reka
Mirage de Reka (© C.Gaillard)
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'Reminisce' de James Reka
Mirage de Reka (© C.Gaillard)
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'Lost Time' de James Reka
Mirage de Reka (© C.Gaillard)
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Jeux de perception, volumes et illusions : James Reka s'amuse magistralement avec notre imagination.

James Reka est un caméléon. L'artiste de street art australien est en effet aussi à l'aise sur les plus imposants murs des grandes villes (de Montréal à New York en passant par le 13e arrondissement de Paris ou le M.U.R d'Oberkampf) que sur des supports plus petits. Pour s'en apercevoir il suffit de faire un saut à la galerie Mathgoth. Tout autour d'un puits de lumière, coeur verdoyant de ce lieu d'exposition majeur pour la sphère artistique urbaine, sont présentées les oeuvres de James Reka (RekaOne pour les initiés). Une série intitulée 'Mirage' et qui, comme son nom l'indique, laisse une grande place à l'interprétation de ceux qui l'observent.

On y retrouve toujours l'harmonie des formes et les couleurs vives d'un Matisse, propres au style de l'artiste. Mais dans le fond, quelque chose a changé. Flirtant avec l'abstraction de Braque et le fourbi surréaliste de Dali, Reka arrondie également le cubisme de Picasso avec ses géométries callipyges. L'acrylique pose la base et l'aérosol constelle la toile de lin. Pas une coulure, pas un coup de pinceau qui dépasse. Les traits sont fins et minutieux, la technicité étonnante de maîtrise. Et pourtant, derrière ce contrôle sans faille semble se dissimuler le spectre d'une blessure en forme de femme.

Miniature sur cadavre de bombe, 'Reminisce' apparaît comme un vestige sentimental dans lequel on croit distinguer un coeur. On pense aussi déceler de la nostalgie dans les tableaux 'Lost Time' et 'Ignition'. Quant à 'Métamorphosis', on ne sait avec certitude si elle représente un insecte mort, sur le dos, ou un nageur pris dans les flots déchaînés.
Orange, bleu, noir, blanc, beige et carmin passionné... Les teintes affirmées se confondent et font naître des nuances énergiques mises au service de thèmes délicats, oniriques et presque tendres. On reste longtemps fascinés devant chaque oeuvre, cherchant en vain à les déchiffrer, à en connaître la signification intime. De 'Travel of Though' à 'Adaptation', on a l'impression de dérouler les instantanés d'une histoire d'amour, des prémices de son délitement à la reconquête du bonheur. Mais peut-être se trompe-t-on : mystère... Non ! Mirage.

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Site Web de l'événement http://www.mathgoth.fr/
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