Jesper Just

Art, Art vidéo
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 (Courtesy de Jesper Just & galerie Perrotin, Paris)
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Courtesy de Jesper Just & galerie Perrotin, Paris
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Courtesy de Jesper Just & galerie Perrotin, Paris
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Courtesy de Jesper Just & galerie Perrotin, Paris

Jesper Just nous avait habitués à ses vidéos enchanteresses, notamment aperçues lors de la très belle exposition que lui avait consacrée le MAC/VAL en 2012. Cette fois, le procédé a évolué. Plutôt que de présenter plusieurs films indépendants les uns des autres, le Danois a imaginé ‘Servitudes’ comme un ensemble harmonieux : dans cette installation labyrinthique, les vidéos se font écho, se répondent, se renvoient la balle. Progressant sur les ponts grinçants et les escaliers métalliques du sous-sol du Palais de Tokyo, le visiteur s’égare dans un dédale d’images énigmatiques, nimbées d'une musique omniprésente (signée Eliane Radigue) et rythmées par des sons répétitifs (ouverture de portes d'ascenseur, tapotement d'un caillou sur une vitre, murmures indéchiffrables) qui s’emmêlent avec subtilité.

Farouche, évasif, Jesper Just s’applique à éluder toute intrigue qui pourrait se livrer immédiatement au spectateur : ici, ses films fonctionnent comme des boucles lancinantes, des bribes d'instants qui dévoilent leur signification selon notre manière de recoller les morceaux. C'est très lentement, avec pudeur presque, que les liens vont se tisser entre les différents courts-métrages qui se chevauchent au fil de ce parcours sans balises, que l’on peut sillonner dans tous les sens, à l’envi.

Toujours soucieux de composer des images d'une beauté remarquable et lumineuse, empreintes d'une lenteur obsédante, Jesper Just évoque, à travers une jeune fille et une enfant handicapée, l'enfermement, la solitude, le rapport au corps. Le tout en écho à sa ville d'adoption, New York, et à ce monumental édifice de verre, le One World Trade Center, symbole du renouveau de la ville après le 11-Septembre. A l'aune des personnages mis en scène par l'artiste danois, il apparaît aussi, paradoxalement, comme une cicatrice béante au cœur de la Grosse Pomme. Alors tant pis si, pour cette fois, le propos nous paraît un peu plus flou : Jesper Just n'a pas son pareil pour façonner des images qu'on dirait chuchotées, et nous éblouir avec une grâce étrange et entêtante.

Par Mikaël Demets

Publié :

Téléphone de l'événement 01.81.97.35.88
Site Web de l'événement http://palaisdetokyo.com
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