L'Effet Vertigo

Art, Art contemporain
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L'Effet Vertigo (© Jacques Faujour)
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© Jacques Faujour
L'Effet Vertigo (© Adagp)
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© Adagp
L'Effet Vertigo (© André Morin)
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© André Morin
L'Effet Vertigo (© Martin Argyroglo)
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© Martin Argyroglo
Renaud Auguste-Dormeuil, « INCLUDE ME OUT » - MAC/VAL
L'Effet Vertigo (© André Morin)
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© André Morin
L'Effet Vertigo (© Jacques Faujour)
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© Jacques Faujour
L'Effet Vertigo (© Jacques Faujour)
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© Jacques Faujour

Pour fêter ses 10 ans, le musée d’Art contemporain du Val de Marne remet en vitrine des pièces de sa collection.

Sur l’affiche de la nouvelle exposition présentée au MAC/VAL six lettres renversées, un chignon blond, sophistiqué, dont les courbes et détours rappellent inévitablement les créatures hitchcockiennes. L’image de cette chevelure savamment domptée nous attire dans les méandres des promesses d’un titre accrocheur, ‘L’Effet Vertigo’, qui laisse présager un effet renversant, charriant un monde sensoriel, entrelacé et complexe. On arrive donc dans les salles du musée impatient d’expérimenter ce vertige prometteur. Hélas, la déambulation sera vaine et nos espoirs déçus.  

Christian Boltanski, Dove Allouche, Pierre Huyghe, Benoît Maire ou Gina Pane... Autant d'artistes venus occuper les murs vacants du célèbre musée d’Art contemporain du Val de Marne. Une exposition dont la thématique est pourtant difficile à percevoir ! Et pour cause, cette dernière s’apparente malheureusement à un vaste capharnaüm sans but, forme ni richesse. L’accumulation sans lien des œuvres, leur présentation sans tension interne donne la désagréable sensation d’errer entre de vieilles choses qu’on sort parce qu’il faut parfois les dépoussiérer. D’être leur faire-valoir l’espace d’un bref instant. Heureusement, on sourit quand même lorsque Annette Messager épingle, dans son œuvre intitulée ‘J’aime/J’aime pas’, les bonshommes qu’elle croise dans les magazines au gré de ses lectures : « J’aime son costume et ses favoris blanchis », « Je n’aime pas sa mine de vieux beau avant l’âge. » 

Le parcours, décevant, rend également encore plus inaccessible un art conceptuel auquel il tente de faire honneur, en enfermant dans leur bulle impénétrable et close chaque installation. Toutefois, l’une d’elles attire l’attention. ‘The White Building’, l’installation du Français Jean-Luc Vilmouth qui mêle vidéos et photographies, rend compte de l’occupation par des habitants d’un immeuble abandonné au cours de sa construction (un bâtiment érigé au Cambodge par un assistant de Le Corbusier). Ramifications spatiales, organisation de l’espace quotidien, propriété, intimité, zones communes, prise de pouvoir géographique et sociale sont autant de problématiques relevées par l’artiste et retranscrites dans la forme de son œuvre, une pièce à part entre anthropologie, documentaire et création plastique.

Il y a aussi l’étonnante vidéo de Antoinette Ohannessian, ‘20 heures’ : un écran noir faisant défiler des sous-titres qui décrivent de façon cyniquement efficace le dispositif du journal télévisé, renvoyant le spectateur à son statut : « un homme derrière une table / ses yeux fixés sur moi / des images d’une femme qui a l’air en colère / ses paroles désynchronisées / des rues en guerre… » Ce court film de moins de cinq minutes oscille entre humour absurde et critique acerbe, et donne, pour le coup, le vertige.

Si vous passez devant le MAC/VAL, ne boudez pas ces trois œuvres et entrez dans le musée. Mais n’espérez pas une claque vertigineuse pour l’ensemble de l’accrochage...

Publié :

Site Web de l'événement http://www.macval.fr/
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