Lumières : Carte blanche à Christian Lacroix

Art, Peinture
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 (Vue du musée Cognacq-Jay dans le cadre de la carte blanche à Christian Lacroix, automne 2014 / Photo : © Raphaël Chipault & Benjamin Soligny)
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Vue du musée Cognacq-Jay dans le cadre de la carte blanche à Christian Lacroix, automne 2014 / Photo : © Raphaël Chipault & Benjamin Soligny
 (Pierre Gonnord, 'Charlotte' / © Pierre Gonnord )
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Pierre Gonnord, 'Charlotte' / © Pierre Gonnord
 (Jean - Baptiste Greuze, 'Petit garçon au gilet rouge', entre 1775 et 1780 / Paris, musée Carnavalet / © Musée Cognacq- Jay / Roger-Viollet)
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Jean - Baptiste Greuze, 'Petit garçon au gilet rouge', entre 1775 et 1780 / Paris, musée Carnavalet / © Musée Cognacq- Jay / Roger-Viollet
 (Tim Walker, 'Xiao Wen in Sherbertyellow Marilyn Wig' / © Tim Walker)
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Tim Walker, 'Xiao Wen in Sherbertyellow Marilyn Wig' / © Tim Walker
 (Vincent J. Stoker, 'Hétérotopia#TEEDI' / © Vincent J.Stoker )
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Vincent J. Stoker, 'Hétérotopia#TEEDI' / © Vincent J.Stoker
 (Dessin de Christian Lacroix / © Monsieur Christian Lacroix)
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Dessin de Christian Lacroix / © Monsieur Christian Lacroix
 (Niclas Lafrensen, dit Nicolas Lavreince, 'La Consolation de l’absence', c. 1785-1790 / © Musée Cognacq-Jay / Roger-Viollet )
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Niclas Lafrensen, dit Nicolas Lavreince, 'La Consolation de l’absence', c. 1785-1790 / © Musée Cognacq-Jay / Roger-Viollet
 (Grégoire Alexandre, 'Viktor&Rolf, Surface', 2010 / © Grégoire Alexandre )
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Grégoire Alexandre, 'Viktor&Rolf, Surface', 2010 / © Grégoire Alexandre
 (Maurice Quentin de La Tour, 'Autoportrait au jabot de dentelle', c. 1750 / © Musée Cognacq-Jay / Roger-Viollet )
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Maurice Quentin de La Tour, 'Autoportrait au jabot de dentelle', c. 1750 / © Musée Cognacq-Jay / Roger-Viollet
 (Louise Bossut, 'Paysage bruxellois sous la neige' / © Louise Bossut )
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Louise Bossut, 'Paysage bruxellois sous la neige' / © Louise Bossut
 (Canaletto, 'Le Grand Canal, vu du pont du Rialto', c. 1725- 1730 / © Musée Cognacq-Jay / Roger- Viollet)
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Canaletto, 'Le Grand Canal, vu du pont du Rialto', c. 1725- 1730 / © Musée Cognacq-Jay / Roger- Viollet

« Viens, on se fait une expo au musée Cognacq-Jay ! » Cette phrase, vous n'avez pas dû l'entendre  ni la prononcer  bien souvent. Il faut dire que, coincé au cœur du Marais entre un paquet de galeries chics, le musée Picasso, le MAHJ ou Carnavalet, l'établissement de la rue Elzévir pâtissait, jusqu’ici, d'une sérieuse concurrence et d'une image poussiéreuse. Consacré à la collection d'œuvres et d’objets d'art du XVIIIe siècle du fondateur de la Samaritaine Ernest Cognacq (1839-1928), le musée peinait à se faire une place dans le paysage culturel parisien.

Quelques mois de travaux et une bonne idée plus tard, le voici complètement revigoré : la carte blanche accordée à Christian Lacroix pour célébrer la réouverture des lieux dévoile sous un jour complètement nouveau les collections de Cognacq-Jay, qui malgré son impressionnant fonds de toiles signées Fragonard, Watteau, Canaletto, Boucher ou Rembrandt, avait parfois des airs de salon de vieille dame. Requinqué par des éclairages soignés et un décor finement étudié, l'hôtel de Donon a grandement bénéficié des talents de Lacroix. En plus d'être le commissaire de l'exposition 'Lumières', le couturier a instillé, à travers des papiers peints, moquettes, tapis et tentures au design baroque délicieusement modernisé, un nouvel élan à l'espace tout entier – seule la dernière salle, sous les toits, s'avère assez fade.

Un peu à la manière du musée de la Chasse et de la Nature qui s'était brillamment relancé il y a quelques années, l'exposition qui inaugure ce lifting confronte œuvres du XVIIIe siècle et pièces contemporaines. Idée en vogue, certes. Mais qui se trouve ici si intelligemment appliquée que le résultat permet à la fois de redécouvrir l'époque des Lumières avec une perspective nouvelle, et d’appréhender l'importance qu'ont encore aujourd'hui non seulement l'art mais aussi les idées du siècle de Rousseau. D'autant que pour ne rien gâcher, cette confrontation est pensée avec un remarquable sens de l'harmonie. Sculpture (Bernard Quesniaux), arts déco (le magnifique meuble de Ferruccio Laviani), peinture (John Currin et sa sidérante prof de sociologie), mode (Christian Lacroix évidemment, Vivienne Westwood aussi), tous les arts, et particulièrement les photographies de Tim Walker ou Pierre Gonnord, se déversent dans les couloirs étroits du musée avec un naturel déconcertant. Au point que surgit ce délicieux sentiment de ne plus vraiment savoir de quelle époque sort telle ou telle pièce. Allez, viens on se fait une expo au musée Cognacq-Jay.

> Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Par Mikaël Demets

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