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Quand Paris faillit devenir New York

Le projet fou des « Maisons-Tours » d'Auguste Perret

  • L'avenue des Maisons-Tours

    © Picasa

    L'avenue des Maisons-Tours
  • Modélisation 3D

    © Eric Derrien

    Modélisation 3D
  • Portrait d'Auguste Perret

    Portrait d'Auguste Perret
  • La Tour Perret à Amiens

    © Marc ROUSSEL

    La Tour Perret à Amiens
  • Le palais d'Iéna à Paris

    © Benoît Fougeirol

    Le palais d'Iéna à Paris
  • Projet pour la Porte Maillot

    Projet pour la Porte Maillot

L'avenue des Maisons-Tours

© Picasa


Imaginez trois cents gratte-ciels de ce type en bordure de Paris, le long d'avenues de 250 mètres de large. C'est le projet extravagant d'un homme, Auguste Perret, qui fut par ailleurs l'un des premiers chantres du béton armé, un matériau dont il vante la solidité et la durabilité, et qu'il utilise souvent dans une forme brute et sans ornement. En 1922, son pragmatisme fonctionnel le pousse à proposer un concept délirant pour répondre aux problématiques posées par l'extension de Paris à sa banlieue. Entre la porte Maillot et la forêt de Saint-Germain-en-Laye, cet ami de Le Corbusier rêve d'un alignement de « Maisons-Tours » de 150 à 200 mètres de haut passant par Neuilly, Puteaux et Nanterre. Ce n'est pas tout, d'autres gratte-ciels devaient aussi s'élever sur une partie de l'actuel boulevard périphérique.

Aberrant ? L'idée s'inscrivait pourtant dans l'air du temps, celui du Plan Voisin de Le Corbusier, des tours sur un plan orthogonal au centre de Paris qui ne verront jamais le jour (ouf), et préfigure certains projets de rénovation urbaine des années 1970, comme les barres de la place des Fêtes dans le 19e arrondissement, ou les Olympiades dans le 13e. Une forme d'utopie qui voudrait que les problèmes humains, économiques et sociaux puissent se résoudre par un habitat de masse, conçu de façon rationnelle mais sans prendre en compte la réalité dans sa complexité. A chaque fois, ces grands ensembles ont échoué dans leur mission, isolant des gens qu'ils voulaient rapprocher. Par exemple, les cadres supérieurs et classes moyennes qui devaient investir le quartier d'Olympiades n'y ont jamais mis les pieds, et c'est la communauté immigrée chinoise et asiatique qui s'est finalement approprié le lieu. Ou quand le principe de réalité finit de clouer le cercueil des utopies.

Merci à l'agence John D'Orbigny Immobilier pour l'idée de cet article.


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