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Sauvons le Cyclop !

Pour éviter qu'il pleure

  • © Tadashi Ono

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  • © Régis Grman

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© Tadashi Ono


Au milieu des arbres, reflétant les quelques rayons de soleil qui parviennent à traverser le feuillage, surgit soudain une tête sans corps de 23 mètres de haut, assemblage hétéroclite de 300 tonnes de ferraille et de mécanismes divers. Voici le 'Cyclop' de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, fruit d'un travail titanesque, aléatoire, spontané et collectif. Vingt-cinq ans d'un labeur « cauchemardesque et enchanteur », comme le qualifia un jour Tinguely.

En 1969, le couple commence à assembler des matériaux de récupération pour composer une sculpture monumentale, un peu comme le Facteur Cheval édifia son 'Palais idéal'. Et ils demandent à leurs amis de participer à l'aventure : César, Arman, Pierre Marie Lejeune, Jesus Rafael Soto ou Rico Weber répondent à l'invitation. En tout, ils seront une quinzaine d'artistes à collaborer à cette œuvre qui entremêle nombre d'influences artistiques (Dada, le Nouveau réalisme, l'art brut, etc.).

Agrégation de bouts de métal, de pièces de bois, de tessons de miroirs et de morceaux de céramique, le 'Cyclop' sort de terre au milieu du décor bucolique. Son unique œil, immense, toise la forêt, tandis que son oreille éléphantesque reste attentive aux bruits de la nature. Comme ils le feront plus tard avec la fontaine Stravinsky, Tinguely, Saint Phalle et leurs acolytes jouent avec les éléments, insinuant leur géant dans la nature grâce au jeu de reflet des milliers de miroirs, à la machinerie complexe qui anime le colosse, et à cette eau qui coule sur sa langue grande comme un toboggan. On peut même y pénétrer, pour découvrir dans ses entrailles un labyrinthe ludique abritant une trentaine d'œuvres d'art qui interagissent avec le visiteur.

Le 'Cyclop' vivait donc paisiblement caché au fond des bois près de Fontainebleau, à Milly-la-Forêt, à une heure de Paris. Mais dans les années 1980, le site est découvert, les promeneurs sont de plus en plus nombreux et quelques visiteurs malveillants dégradent ce monstre de bric et de broc en s'en servant de stand de tir. Du coup, en 1987, Tinguely décide de faire don de son installation à l'Etat, qui se charge désormais de sa protection.

Malheureusement, soumise aux aléas de la vie en plein air, la sculpture finalement achevée en 1994 s'abîme – notamment la « Face aux miroirs », usée par l'eau et les intempéries, et désormais recouverte d'un filet protecteur. Les coûts de rénovation, estimés à 700 000 euros, seront en partie financés par le mécénat privé et des fonds publics. Pour la « Face aux miroirs », les 10 000 euros nécessaires sont en train d'être réunis via une souscription des internautes, sur MyMajorCompany. Une restauration collective pour une œuvre collective, en somme.

Pour plus d'informations ou pour contribuer à la restauration, vous pouvez visiter la page dédiée au 'Cyclop'.

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