Terry Richardson : The Sacred and The Profane

Art, Photographie Libre
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 (© 2015 Terry Richardson / Courtesy Galerie Perrotin)
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© 2015 Terry Richardson / Courtesy Galerie Perrotin
 (Vue de l'exposition de Terry Richardson, mars 2015 / © Terry Richardson 2015 / Photo : © Claire Dorn / Courtesy galerie Perrotin, Paris)
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Vue de l'exposition de Terry Richardson, mars 2015 / © Terry Richardson 2015 / Photo : © Claire Dorn / Courtesy galerie Perrotin, Paris
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 (Vue de l'exposition de Terry Richardson, mars 2015 / © Terry Richardson 2015 / Photo : © Claire Dorn / Courtesy galerie Perrotin, Paris)
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Vue de l'exposition de Terry Richardson, mars 2015 / © Terry Richardson 2015 / Photo : © Claire Dorn / Courtesy galerie Perrotin, Paris

Que se passe-t-il lorsque le roi de la photo underground new-yorkaise des années 1990 s'aventure dans le Far West américain ? Quand Terry Richardson, toujours prompt à photographier sa bi** et à provoquer le bourgeois en imaginant des clichés salaces ou grotesques (au point d'être aujourd'hui sous le coup de plusieurs plaintes pour agression sexuelle), s’aventure dans la photographie de paysages ? Parti à l’origine pour se pencher sur les foires et autres festivals qui rythment les étés de l'Ouest du continent, le photographe a finalement changé son fusil d'épaule, frappé par l'étrange paradoxe qui s'étalait sous ses yeux à l'ombre des rocs rouges du Grand Canyon : l'omniprésence de la religion. Une religiosité extrême  extrémiste ?  qui s'affiche sur les façades des motels, les panneaux publicitaires ou les voitures couvertes de « Jesus loves you », faisant face à un concurrent féroce : l'imagerie tapineuse de l'industrie du sexe, avec ses femmes à poil clignotantes et ses subtils lapins fornicateurs.

Loin d'être un hasard, puisque nombre d'églises s'offrent des panneaux d'affichage près des lieux de perdition pour inciter les amateurs de plaisirs charnels à renoncer au péché, cette proximité du sexe et de la religion finit bizarrement par les rapprocher. Ce coquin de Terry Richardson ne se prive évidemment pas de s'en amuser, au point que l'on n'est parfois plus très sûrs de savoir si telle photo se rattache à l'industrie du sexe ou au prosélytisme divin. Ici, les « You can't enter Heaven unless Jesus enters you » (Vous n'entrerez pas au Paradis à moins de vous laisser pénétrer par Jésus) ou « The most powerful position is on your knees » (La position la plus puissante, c’est de se mettre à genoux) se teintent d'une tout autre signification, bien plus triviale. Parfois même, c'est le hasard qui s'en mêle, comme avec ce slogan « GOD IS LOVE » qui, devenu « OD IS LOVE » à cause de son G abîmé, prend des airs d'appel à l'overdose.

En s'affrontant dans l'espace public à coup d'affiches gigantesques ou de néons criards, putains et puritains finissent par se confondre dans un amalgame de kitsch et de vulgarité. C'est d'autant plus troublant que les leviers utilisés par les deux camps pour attirer le chaland s'avèrent comparables, se cristallisant autour de la question de la promesse : promesse du paradis pour l'un, promesse d'un moment de plaisir pour l'autre ; aspiration à une vie de saint pour l'un, appel du vice et des seins pour l'autre. A moins que ce ne soit l'inverse. L’ambigüité plane sur ce portrait d'une société schizophrène, écrasée par la frustration et la culpabilité. Et raillée par un Richardson en verve, toujours dans son élément quand il s'agit de pourfendre l'hypocrisie de la morale et faire des grosses blagues de cul.

> Horaires : Du mardi au samedi de 11h à 19h.

Par Mikaël Demets

Publié :

Téléphone de l'événement 01.42.16.79.79
Site Web de l'événement http://www.perrotin.com
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