Tim Parchikov : Suspense

Art, Photographie
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 (Tim Parchikov, 'Cologne', 2007 / © Tim Parchikov)
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Tim Parchikov, 'Cologne', 2007 / © Tim Parchikov
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 (Tim Parchikov, 'Camargue', 2007 / © Tim Parchikov)
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Tim Parchikov, 'Camargue', 2007 / © Tim Parchikov
 (Tim Parchikov, 'Istanbul', 2008 / © Tim Parchikov)
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Tim Parchikov, 'Istanbul', 2008 / © Tim Parchikov
 (Tim Parchikov, 'Camargue', 2009 / © Tim Parchikov)
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Tim Parchikov, 'Camargue', 2009 / © Tim Parchikov
 (Tim Parchikov, 'Camargue', 2006 / © Tim Parchikov)
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Tim Parchikov, 'Camargue', 2006 / © Tim Parchikov

Mais qu'est-ce qui rend les photos de Tim Parchikov aussi mystérieuses ? Un camion garé sur le bas-côté, froidement éclairé par la lune. Une ombre qui se découpe, en kaléidoscope, sur le mur d'un escalier à l'écart de la ville. Une chaise, cernée par un halo lumineux, qui semble attendre que quelqu'un vienne s'y asseoir. Dans le fond, ces compositions n'ont rien de surprenant, et seraient même familières si Parchikov n'y avait insinué cette pointe de suspense qui, au fur et à mesure que l'on regarde l'image, devient de plus en plus prégnante. 


Cette empreinte d'une tension palpable, Parchikov parvient à la suggérer subtilement. Un cadrage un peu elliptique ou une vision en plongée d'une rue déserte, qui nous donne l'impression d'être embusqués derrière une fenêtre à guetter l'arrivée de quelqu'un, suffisent à créer l'effet d'attente. Les clichés de ce trentenaire né à Moscou, fruit de ses déambulations en Europe ou en Asie, créent systématiquement un climax sur le point de détonner. ‘Suspense’ couche sur le papier le calme avant la tempête, les secondes qui ralentissent jusqu'à ce que surgisse le drame.

Un regard en coin, une cigarette allumée, une jetée fantomatique, et voilà notre imagination, sans doute déformée par le cinéma, qui s'emballe malgré elle. La nuit et ses contrastes (auxquels fait écho la mise en scène de cette exposition très sombre, illuminée seulement par les cadres rétro-éclairés dans lesquels sont présentés les tirages) sont souvent les complices de ce jeu ambigu entre le photographe et le spectateur, complice lui aussi de quelque chose – mais de quoi ? Car nous ne saurons jamais ce qui se passe après : Tim Parchikov nous confine au rôle d'observateur paranoïaque, de témoin malgré lui, pour mieux nous laisser en plan. La suite, c'est à nous de l'inventer.

> Horaires : du mercredi au dimanche de 11h à 19h45.

Par Mikaël Demets

Publié :

Téléphone de l'événement 01.44.78.75.00
Site Web de l'événement http://www.mep-fr.org
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