Ugo Mulas, la créativité d’une époque

Art, Photographie
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Ugo Mulas (©Elise Boutié)
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Alberto Giacometti, Mostra de Venise, 1962

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A la fondation Henri Cartier-Bresson, ce bel édifice à l’étroite hauteur, on trouve en ce moment les douces photographies de l’Italien Ugo Mulas, l’œil délicat qui regarde les artistes au travail : de Lichtenstein à Calder, en passant par Duchamp, Giacometti, Warhol ou Newman. Plus que de simples portraits de visages célèbres, ses clichés célèbrent le geste créatif, la recherche plastique, le « faire » qui caractérise la pratique de chacun. Ainsi Calder a l’air de danser au milieu de ses mobiles qui prennent forme, Lucio Fontana est saisi dans l’instant crucial du cutter fendant la toile et Jasper Johns est une mince silhouette s’attaquant par bribes à l’immensité d’un paysage encore vierge. Témoin de son époque et de ses figures emblématiques, Ugo Mulas sublime la photographie documentaire en lui conférant une autre importance, celle de donner à voir la fabrication des chefs d’œuvre dans l’intimité du travail du peintre. En dépassant la simple notion de témoignage d’un temps artistique riche et prolifique, il met en scène le labeur dans le temps et l’espace particulier de l’atelier.

Les grandes planches contact tirées et encadrées au même titre que les photos sélectionnées retranscrivent physiquement ce parti-pris de présenter l’œuvre en train de se faire. On les regarde comme on regarderait les dessins d’un film d’animation ou ceux d’un flip book où chaque image est une infime étape dans la construction générale, tendue vers l’objet final. L’enchaînement des photogrammes, espacés de seulement quelques secondes, nous laisse imaginer le déclencheur rapide et compulsif du photographe, signe de sa concentration et de son plaisir d’assister à la naissance d’une œuvre. Et autant dire tout de suite que ce rythme nerveux et vif, accompagné du plaisir curieux et intrigué, se transmet très vite ! On plonge dans la vitesse captivante des planches contact.

Au deuxième étage, on découvre quelques rares mais superbes photos prises dans les rues de Milan et de sa périphérie. On pense à Pasolini, aux jeunes hommes qui traversent ses images et on se délecte de cette ambiance d’Italie des années soixante. Une autre facette du travail d’Ugo Mulas à côté de laquelle il serait dommage de passer. Aux portraits en acte d’artistes à la renommée grandiose s’ajoutent des fragments urbains qui à leur manière sont aussi des portraits en action. C’est une belle exposition qui rend hommage au regard fin de celui qui a fait du portrait une figure animée et de la photographie, une vision particulière.

Par Elise Boutié

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Téléphone de l'événement 01.56.80.27.00
Site Web de l'événement http://www.henricartierbresson.org
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