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Le Café des Chats

La ronronthérapie débarque à Paris.


Autant décrié qu’attendu, le Café des Chats a ouvert dans le Marais, en pleine déferlante « catmania ». Si vous en avez marre de voir défiler sur les réseaux sociaux des photos de chatons mignons, passez votre chemin. Ce concept japonais importé en France pour la première fois consiste à proposer le ronron réconfortant d’un chat autour d’un thé ou d’une pâtisserie. En échange, le chat adopté auprès d’une association de protection des animaux abandonnés profite d’un toit et de croquettes à l’œil, et vit en communauté. Une calinôthérapie réciproque qui attire les fans de chats (« qu’il est mignooooon avec ses papates »), mais qui hérisse le poil des ultra-sensibles de la protection animale criant à l'esclavagisme (« non, le chat n’est pas un objet ! »), comme certains Parisiens qui trouvent le concept ridicule et fuient la sensiblerie féline : « ouais, c’est un chat et alors ? ». Bref, personne ne reste indifférent.

Pour les plus réticents, reste le lieu : un grand sas d’entrée donne sur une petite salle exiguë avec quelques tables et un grand canapé. Au sous-sol, une belle cave voûtée du Moyen Age tout en pierre, meublée d’un piano, de fauteuils avenants : l'ambiance est plutôt sympa. Surprise, on découvre un dédale de petites caves encore en travaux. On voit mal des humains ou des chats rester dans cette ambiance sans lumière naturelle en pleine journée... Le temps dira si ces recoins seront vraiment utilisés.

Les catophiles étaient en tout cas au rendez-vous pour l’ouverture, dont ceux qui rêvent d’avoir un chat mais ont un appart trop petit. Parmi la clientèle : un métalleux, un enfant, un couple de lesbiennes, des groupes d’étudiants… une faune bigarrée plutôt jeune. Tous de s’extasier sur les petits chats dormant sur leurs genoux et jouant avec des joujoux improvisés (une plume, une ficelle…). Quant aux félins, certains sont manifestement ravis de se faire tripoter par une forêt de doigts pendant leur sommeil, quand d'autres dorment profondément dans un panier ou se réfugient dans un coin, en attendant que le calme revienne. A la carte, un cheesecake aux Oreos, une excellente tarte à la crème de pistache et aux framboises, du café et des thés (du Kusmi ou des thés bio du Chapelier fou) et quelques sucreries. L’équipe est jeune et plutôt débordée malgré les quelques tables à servir.

Le café ouvre le 21 septembre, de midi à 22h, pour laisser tout de même les animaux se reposer entre deux séances de ronrons. Au final, on se dit que les adeptes des chats comme les animaux y trouvent un peu de réconfort et que le projet tire de l'abandon quelques chats errants, c'est louable. Mais on s’imagine mal voir 10 félins cohabiter (le nombre prévu à terme), même en comptant la cave. Peut-être les quelques chats sont-il assez nombreux ? Car il n’ont pas de cour extérieure ou d'espace sans humains carressants et collants, mais une promenade en laisse prévue chaque jour dans un square voisin. 

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