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Césars 2015 : nos pronostics et le palmarès

En clair sur Canal +

Gaspard Ulliel et Louis Garrel dans 'Saint Laurent' de Bertrand Bonello

Gaspard Ulliel et Louis Garrel dans 'Saint Laurent' de Bertrand Bonello


Comme chaque année, les Césars sont d'abord une bonne occasion de squatter devant sa télé, à demi vautré sur un canapé en buvant un coup, tout en espérant parier sur le bon cheval : les Césars, PMU du cinéma. En souhaitant également qu'Edouard Baer - qu'on est heureux de retrouver ici, ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu - saura distiller son humour absurde tout au long de cette cérémonie traditionellement laborieuse (euphémisme).

Verdict : le « film » réalisé en direct par Edouard Baer a illuminé la soirée.


Voici les pronostics que nous faisions et les résultats, pas si éloignés.

Meilleur film : Deux prétendants véritablement sérieux, 'Saint Laurent' de Bertrand Bonello et 'Timbuktu' d'Abderrahmane Sissako. Si nous avions rencontré le passionnant Bonello pour la sortie de son film (lire notre interview) qui mériterait largement ce prix, la complexité du long métrage de Sissako donnerait quant à lui une belle ampleur politique à la cérémonie. Deux films de registres très différents, mais impressionnants de maîtrise l'un comme l'autre. En revanche, si 'La Famille Bélier' l'emportait en raison du nombre d'entrées qu'il a su générer, ça la foutrait quand même bien mal.

Verdict : 'Timbuktu'.

Meilleur réalisateur : Voici un prix qui devrait compléter le précédent. A nouveau Bertrand Bonello ou Abderrahmane Sissako, donc. A priori, 'Saint Laurent' partant grand favori pour le César du meilleur film, gageons que le cinéaste mauritanien sera sacré meilleur réalisateur. Une distinction qui serait d'ailleurs amplement justifiée, compte tenu de la délicatesse et de la subtilité avec laquelle il a su traiter le thème casse-gueule de l'occupation djihadiste. Néanmois, les outsiders Olivier Assayas (pour 'Sils Maria') et Céline Sciamma (pour 'Bande de filles') pourraient toujours créer la surprise. Peu probable, mais à envisager.

Verdict : Abderrahmane Sissako.

Meilleure actrice : Si notre cœur penche ici clairement en faveur de Marion Cotillard dans 'Deux jours, une nuit' des frères Dardenne, la compétition pour ce prix paraît plus serrée - Juliette Binoche restant extrêmement convaincante dans 'Sils Maria', et Adèle Haenel (dans 'Les Combattants' de Thomas Cailley) ayant actuellement vraiment le vent en poupe - à juste titre, d'ailleurs. Suspense, suspense...

Verdict : Adèle Haenel.

Meilleur acteur : Vu le duel qui s'annonce, l'un des deux interprètes de Saint Laurent devrait recevoir ce prix. Sachant que le film de Bonello risque de tranquillement rafler le César du meilleur film et/ou du meilleur réalisateur, on imagine assez Pierre Niney recevoir ce prix pour son interprétation du couturier dans le film de Jalil Lespert. Même si Gaspard Ulliel pourrait le mériter pour ce même rôle, chez Bertrand Bonello. Alors pourquoi ne pas miser sur un outsider, comme le Romain Duris travesti d''Une nouvelle amie' de François Ozon ? Réponse dès ce soir.

Verdict : Pierre Niney.

Critiques : nos favoris pour les Césars 2015

Saint Laurent

  • Note: 5/5

En général, le biopic (ce fameux biographical picture qu’on pourrait souvent traduire par « hagiographie du pauvre ») est un genre à fuir. Lourdaud, pléonastique, parfois mystificateur. Heureusement, quelques contre-exemples, rares (‘Last Days’ de Gus Van Sant, ‘Napoléon’ d’Abel Gance, ‘Camille Claudel 1915’ de Bruno Dumont…), ont su avoir le mérite de se concentrer sur une période restreinte, ou un aspect unique, symbolique, de leur principal protagoniste. Ainsi, en se concentrant sur une décennie culturellement mythique (1967-1976), le ‘Saint Laurent’ de Bertrand Bonello semble faire un choix nettement plus... Lire la suite

Timbuktu

  • Note: 4/5

Malgré la complexité et la contemporanéité de son thème politique (l’occupation de la ville de Tombouctou par des troupes de mercenaires djihadistes), Abderrahmane Sissako parvient à trouver un ton inattendu et étonnamment équilibré, à la fois gracile et profond. Avec humour et délicatesse, c’est en effet par l’absurde que le cinéaste mauritanien traite la violence quotidienne du régime de terreur instauré par les extrémistes religieux. Absurdité des règles imposées, où musique ou football se voient interdits, où les femmes se retrouvent à devoir cacher leurs mains sous peine de se les faire couper. Absurdité aussi, mais... Lire la suite

Deux jours, une nuit

  • Note: 4/5

Les longs métrages des frères Dardenne se suivent, et se ressemblent assez. Le point positif : le ton qu’ils développent de film en film parvient à rester juste, pertinent, avec une vision souvent puissante – à mesure, en fait, qu’elle paraît désespérée. Nouvelle fable sociale du duo, ‘Deux jours, une nuit’ bénéficie d’un thème simple et efficace : Sandra (Marion Cotillard) dispose d’un week-end – d’où le titre du film – pour convaincre ses collègues de renoncer à la prime de mille euros qui leur a été octroyée, afin qu’elle puisse conserver son travail. Aussi le film joue-t-il essentiellement sur la répétition et, assez naturellement... Lire la suite

Bande de filles

  • Note: 4/5

Elles sont sympathiques comme tout et débordantes de naturel, les filles de la bande à Sciamma. A travers elles, la réalisatrice parvient même à saisir assez joliment ce qui constitue l’éphémère harmonie d’un groupe : des personnalités parfois divergentes, mais qui s’épaulent, s’entraident à un moment de leur vie, sur un pied d’égalité, jusqu’à constituer une micro-communauté affective, sans jamais dissoudre les individualités au sein du groupe. Après ‘Naissance des pieuvres’ et ‘Tomboy’, Céline Sciamma retrouve donc son thème de prédilection, le passage à l’adolescence chez les jeunes filles... Lire la suite

Sils Maria

  • Note: 4/5

Bienvenue à bord du dernier film d’Olivier Assayas, qui nous embarque en Suisse, aux côtés d’une actrice en pleine introspection. Maria Anders, jouée par Juliette Binoche, a connu la célébrité au théâtre dans la pièce de Wilhem Melchior, ‘Maloja Snake’. Elle y interprétait le rôle de la jeune Sigrid, prête à pousser au suicide son aînée Helena. Vingt ans plus tard, elle se rend en Suisse pour une cérémonie en hommage à son ami et écrivain Wilhem Melchior. Sur le chemin, son assistante lui apprend la mort de Wilhem. Bouleversée, Maria décide tout de même d’assister à la cérémonie, où elle fait une rencontre... Lire la suite

Une nouvelle amie

  • Note: 4/5

François Ozon en semble convaincu : « On ne naît pas femme, on le devient. » Avec ce dernier film audacieux et réussi, le réalisateur fait l’éloge de la féminité dans ce qu’elle a de plus insaisissable. Les acteurs sont d’une crédibilité désarmante, tant David (Romain Duris), à travers son travestissement en femme, que Claire (Anaïs Demoustier) qui se féminise à mesure que leurs liens se tissent.  David aime tant les femmes qu’il finit par réveiller celle qui sommeille en lui ; elle l’aide à combler l’insoutenable absence causée par la mort de son épouse, mais elle lui révèle surtout la vérité de sa propre... Lire la suite

Les Combattants

  • Note: 3/5

Le Festival de Cannes aime visiblement les Adèle. Après ‘La Vie d’Adèle’ d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or 2013, Thomas Cailley présentait cette année à la Quinzaine ‘Les Combattants’ – qu’il serait tentant de sous-titrer ‘La Survie d’Adèle’. Adèle Haenel y interprète Madeleine, une ado pas très bien dans ses baskets qui se met sans cesse à l’épreuve. Son objectif : se préparer à la fin des temps, en apprenant toutes sortes de techniques qui lui permettront d’en réchapper. Bref, une gamine qui veut survivre avant de vivre, caricaturale comme seuls les ados savent l’être. Pour entrer dans son sujet, Thomas Cailley a... Lire la suite


Interview • Bertrand Bonello

Entre la sortie de 'Saint-Laurent' et son installation 'Résonances' au Centre Pompidou, on a croisé Bertrand Bonello pour parler avec lui de cinéma, de musique, de grâce et d'autobiographie.



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