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Les dix meilleures séries comiques (6/10)

'Curb Your Enthusiasm'


Quand le co-créateur et scénariste principal de la mythique série 'Seinfeld', Larry David, se lance dans le projet d'une nouvelle sitcom dont l'histoire repose essentiellement sur lui, le pari est immense. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le comédien choisira le titre 'Curb Your Enthusiasm', qu'on pourrait traduire par « calme ta joie », une façon de modérer l'attente énorme des spectateurs. Programmée sur HBO à partir d'octobre 2000, la série va vite trouver son public et devenir culte, tout en se démarquant largement de 'Seinfeld'. Il faut dire que les temps ont changé et que la sitcom à l'ancienne commence à prendre un coup de vieux, en dépit de la réussite de 'How I Met Your Mother', par exemple. Avec Ricky Gervais, qui s'apprête alors à lancer son 'The Office' en Angleterre, Larry David fait partie de ceux qui vont dynamiter le genre en le rendant plus dynamique, spontané, intelligent. Tout d'abord, il reprend le concept d'autofiction déjà présent dans 'Seinfeld', avec un personnage principal qui joue son propre rôle à l'écran. Puis il place l'improvisation au centre de la série, ce qui donne un aspect très décontracté, quasi documentaire, à l'ensemble. C'est aussi pour ça que la série peut sembler très bavarde au premier abord, un peu dans la veine des films de Woody Allen et plus largement d'un humour juif teinté d'autodérision et de fatalisme. Enfin, l'action ne se situe pas dans des décors, mais dans de véritables rues, de vraies maisons, d'authentiques paysages.

Ces simples modifications vont en réalité bouleverser la perception du spectateur, qui assiste en direct à la vie de Larry David dans ce qu'elle a de plus banal. Car la grande force de 'Curb Your Enthusiasm', c'est de mettre en lumière toutes les infimes lois sociales non dites qui organisent notre quotidien pour le pire et pour le meilleur. Avec son œil de faucon, le comédien et scénariste ne laisse aucun détail prouvant l'absurdité de notre condition humaine échapper à sa vigilance, que ce soit la courtoisie avec laquelle on présente ses excuses (ne faites pas ça la bouche pleine) ou les règles de bienséance qui président à la réception d'un dîner. Parce qu'il remet toujours en cause la pertinence de ces règles, Larry David se retrouve au final dans des situations insensées, mais hilarantes. A cet égard, le premier épisode préfigure déjà le style Larry David, où l'on peut disserter pendant de longues minutes sur une chose aussi bénigne que le pli d'un pantalon qui fait croire à une érection. A côté de ça, une nuit entière ne suffirait pas à raconter les meilleurs passages de la série, à évoquer la manie qu'a Larry de dessiner des moustaches d'Hitler un peu partout, sa hantise du principe des pourboires, sa façon de scruter le regard des gens pour savoir s'ils mentent... Un exemple vaut mieux qu'un long discours, alors on vous invite à regarder ce montage de scènes où Larry rencontre un enfant vraiment très efféminé (attention, c'est perturbant).

Pour qui : tous ceux qui aiment se plaindre, et qui sont exaspérés par les contraintes absurdes de la vie en société.

Nombre de saisons : 8. Une neuvième pourrait voir le jour.

Le détail qui tue : Larry David ne cesse d'inviter de prestigieux guests dans la série, comme les acteurs de 'Seinfeld', mais aussi Ricky Gervais, David Schwimmer (de 'Friends'), le basketteur Shaquille O'Neal, Ben Stiller, Martin Scorsese, Dustin Hoffman... Atteint de la maladie de Parkinson, Michael J. Fox fait quant à lui une apparition toute en autodérision, puisque Larry essaye de savoir si ses hochements de tête sont des mouvements d'humeur en forme de reproche ou de simples tics dus à Parkinson. Pour finir, Michael J. Fox tend un coca à Larry en tremblant, ce qui provoque l'explosion du liquide à son ouverture. Trempé, Larry hurle et se tourne vers l'acteur : « Tu l'as fait exprès ?! »

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