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Les dix meilleures séries TV comiques (2/10)

'Malcolm in the Middle'


Un petit garçon danse sur place de façon ridicule en chantant « pou pi, pou pi, pou pi pou » : si cette image ne provoque pas chez vous un fou rire nostalgique, c'est que vous ne connaissez pas 'Malcolm', cette série qui a fait les beaux jours de M6. C'est d'ailleurs grâce à ses nombreuses diffusions sur la sixième chaîne, puis Paris Première, que 'Malcolm' est devenue une série culte en France pour plusieurs générations de spectateurs. L'excellente qualité de la version doublée en français a aussi beaucoup contribué à son succès, un vrai contraste par rapport à une grande partie des séries américaines qui sont doublées avec les pieds. Ici, les voix d'illustres inconnus, travailleurs de l'ombre auxquels nous rendons hommage, apportent une vraie personnalité aux comédiens. L'exubérance du père, la bêtise crasse de Reese, la candeur de Dewey, le génie anxiogène de Malcolm, l'asthme de Stevie leur doivent tous une bonne part de leur humour. Ainsi les blagues mal traduites ou les censures malvenues sont-elles compensées par l'ingéniosité de ces interprètes français, allez tiens, on les cite : Brice Ournac (Malcolm), Christophe et Yann Peyroux (Dewey), Romain Douilly et Donald Reignoux (Reese), ou encore Jean-Louis Faure (Hal).

Pour ceux qui l'ignorent, Malcolm est un surdoué qui fait sa scolarité dans une classe de petits génies surnommés les « têtes d'ampoule » par leurs camarades moins brillants. C'est à travers ses yeux – au point qu'il s'adresse parfois directement au spectateur en regardant la caméra – que nous découvrons le quotidien d'une famille délirante, où quatre garçons font la vie dure à des parents pas très équilibrés non plus. Outre ce point de vue subjectif, 'Malcolm' se démarque de ses concurrents par une tonalité doux-dingue très différente de celles auxquelles les sitcoms à l'ancienne nous avaient habitués. Fondées sur le comique de situation (d'où le nom de « sitcom », pour situation comedy) et les punchlines, les séries des années 1980 et 1990 ressemblent par bien des aspects à du théâtre de boulevard filmé, en dépit de toutes leurs qualités d'écriture. Avec 'Malcolm', on a enfin l'impression d'assister à une œuvre qui a été réfléchie d'un point de vue télévisuel. La réalisation épouse donc totalement l'esprit du scénario, à coups de points de vue subjectifs, d'ellipses radicales, de bruitages abusifs, d'idées loufoques. Comme celle où Dewey entend une peluche Orby, sorte d'éléphant bleu flippant, lui parler à travers la télévision, ou quand Hal se prend de passion pour un rouleau compresseur, l'un des meilleurs épisodes de la série. Au final, cette folie latente teintée d'absurde fait qu'on s'attache vite aux personnages, qu'ils soient stupides (Reese), surdoués (Malcolm), dingues (Hal) ou beaucoup trop mignons (Dewey).

Pour qui : ceux qui aiment l'humour absurde, ceux qui sont aussi anxieux que Malcolm, ceux qui veulent voir Bryan Cranston avant 'Breaking Bad'.

Nombre de saisons : 7.

Le détail qui tue : le grand frère de Malcolm, Francis, passe la plupart de la série séparé du reste de la famille. En séjour à l'école militaire ou dans une ferme, il permet en réalité à la série de sortir du cocon familial et de varier les situations. Si Francis paraît un peu moins drôle que ses frères, il participe toutefois à l'un des plus grands moments de la série, dans l'épisode 12 de la saison 4. Chef-d'œuvre absolu de non-sens comique, cet épisode intitulé "Tolérance zéro" voit Francis être harcelé par un jeune Allemand qui joue du piano pour accompagner chacun de ses mouvements... Extrait plus bas.


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