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'Lettre d'une inconnue' sur Arte

En cette bien triste période, il n’y a sans doute que la fiction pour nous permettre de sortir de la torpeur – celle qui, depuis presque une semaine, s’est abattue sur Paris, sur la France, et sur le monde entier. On ne parle évidemment pas d’oublier les évènements récents et d’appliquer tristement la politique de l’autruche, mais de s’autoriser un instant de répit, une courte trêve distrayante, quelques marches au-dessus (ou à côté) de la réalité.


Arte a toujours eu le chic incontestable de sélectionner de bons films. Ce soir, la chaîne diffuse 'Lettre d’une inconnue', comptant parmi les chefs-d’œuvre de Max Ophüls avec, notamment, 'Le Plaisir' (1952) et 'Liebelei' (1933). Librement adapté de la nouvelle de Stephan Zweig, 'Lettre d’une inconnue' (1948) retrace le récit poignant d’une femme qui a adulé secrètement un homme toute sa vie : de sa plus tendre enfance, dans l’appartement voisin, à son lit de mort. Elle couche sur le papier les rares attentions et les fugaces étreintes qu’elle a pu obtenir de ce pianiste volage, papillonnant à ses heures perdues dans le cou de ses innombrables maîtresses.


Ainsi construit tout en flashbacks, ‘Lettre d’une inconnue’ se trouve parcouru d’une nostalgie sourde, poignante, et d’une triste délicatesse. Comme si, au fond, l’amour n’était jamais aussi fort que lorsqu’on le manquait, par hasard ou désinvolture. Surtout, la beauté des plans d’Ophüls, de ses mouvements de caméra, apparaît d’une aisance et d’une fluidité telles qu’elle préfigure largement le style d’un Stanley Kubrick – qui reconnut d’ailleurs, en Max Ophüls, l’un de ses maîtres absolus (même si, thématiquement, ‘Shining’ reste un peu moins romantique).


>>> Lundi 12 janvier à 20h30 sur Arte



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Les 50 plus grands film d'amour

De toute évidence, le romantisme a été victime de son image trop gentillette (demandez donc un peu à Hölderlin, pour voir). Voilà bien un terme devant lequel on ne peut s'empêcher de sourire, en pensant immédiatement : guimauve, sentimentalisme, bouquets de roses bon marché, mièvrerie et dégoulinures... Et pourtant, certains films d'amour constituent quelques-unes des plus belles œuvres du cinéma, toutes époques confondues. Pour cette sélection de 50 films, nous avons donc évidemment creusé du côté de la comédie romantique, sous-catégorie assez écrasante qui nous aura heureusement permis de retrouver Antoine Doisnel, Harry et Sally, des classiques de Woody Allen, Billy Wilder ou Ernst Lubitsch... Mais la catégorie du film d'amour ne s'arrête pas là : pouvant lorgner vers l'onirisme d'un Cocteau, les délires d'un David Lynch ou le réalisme d'un Kechiche, le genre sait aussi merveilleusement s'acoquiner avec le western chez Ang Lee, ou la comédie musicale avec Jacques Demy. Enfin, si l'on remarque que les histoires d'amour finissent souvent comme dans une chanson des Rita Mitsouko, ces 50 films romantiques ont surtout le luxe d'embrasser l'histoire du cinéma du début du XXe siècle – avec un inégalable trésor de Murnau – jusqu'à l'enthousiasmante actualité des derniers longs métrages de Miguel Gomes ou Spike Jonze. Et de retrouver, pour des serrements de cœur et le plaisir des yeux, Humphrey Bogart et Kate Winslet, Scarlett Johansson et James Stewart, Monica Vitti et Ryan Gosling. Voir le dossier complet



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