Face à Face : Agoria vs The Hacker

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Face à Face : Agoria vs The Hacker
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The Hacker bouclera cette soirée avec un set glauqueet  glacial à souhait. Inspirée par le grouppe allemand des 80’s Kraftwerk et par la cold wave de cette même époque, son électro rappelle les sous-sols trash de raves en plein hiver. Il a sorti un premier album solo en 1998 justement baptisé ‘Mélodies en sous-sols’, caverneux, humide et très rythmé, avant de sortir un album en duo avec Miss Kittin sobrement baptisé ‘First Album’ qui déchaînera les dancefloors. Ce mix rétrofuturiste d’électro, syth pop, dark disco et cold wave, assorti de l’électroclash sexy with « ze cute french accent » de Miss Kittin s’exporte très bien. Il se vend alors à plus de 50 000 copies, grâce aux bizarroïdes "Franck Sinatra", "1982" et "Stock Exchange". Après une tournée triomphante dans les plus grands clubs du monde, ils décident de faire une pause pour poursuivre chacun leur carrière solo. The Hacker sort en 2004 ‘Rêves Mécaniques’ (qui auraient pu s’appeler ‘Cauchemars mécaniques’) tout aussi imparable mais un peu moins sombre que le précédent. Une réussite que les amoureux d’électro progressive Kraftwerk et bien construite ont apprécié. Le duo ne sortira son second album qu’en 2009, l’excellent ‘Two’, qui compte "1000 Dreams", un hit sur lequel la sexy Kittin excellent dans sa spécialité, l’électroclash.
Agoria alias Sébastien Devaud est le fer de lance de l’électro minimale à la française. Ce Lyonnais est l’agitateur à l’origine du festival des Nuits Sonores à Lyon, reconnu aujourd’hui comme l’un des meilleurs événements électro avant-gardiste en Europe. Auteur de trois albums solo et de la BO du film ‘Go Fast’ de Luc Besson, Agoria commence aujourd’hui à être connu du grand public, notamment des Parisiens qui ont pu apprécier dernièrement son live au festival Rock en Seine. Il a signé son dernier opus ‘Impermanence’ sur son propre label, Infiné, qu’il a créé en 2006 à l’image de sa musique intelligente, sensible, à la croisée de l’IDM, la techno façon Détroit (courant qui l'a fortement influencé), la house, la pop, la world et même la musique classique. Une passion qui lui vient sûrement de sa mère, chanteuse lyrique, et de son goût poussé pour les sons acoustiques. Comme les précédents, cet album est enrichi de featurings de chanteurs venus d’univers musicaux parfois éloignés du sien. Si précédemment il a fait chanter Neneh Cherry, Princess Superstar ou Peter Murphy (du groupe de rock Bauhaus), il convie cette fois Kid A, une autre chanteuse américaine, à poser sa voix sur sa techno minimaliste nourrie d’arrangements acoustiques, une nouveauté qui rend sa musique plus intimiste et plus aboutie. D’autres Américains participent à cet album, et pas n’importe lesquels : Seth Troxler et Carl Craig, et cette fois ils ne s’investissent pas dans la production, mais chantent pour la première fois ! Un miracle que vous pouvez entendre sur les morceaux "Speechless" pour Carl Craig et "Souless Dreamer" pour Seth Troxler.

Par Camille Griffoulières

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