Alice de l'autre côté du miroir

Cinéma, En famille
3 sur 5 étoiles
Alice de l'autre côté du miroir

Time Out dit

3 sur 5 étoiles

Une suite toujours aussi bizarre et visuellement enchanteresse mais qui aurait mérité un supplément d’âme.

Six ans après son ‘Alice aux pays des merveilles’, Tim Burton revient à l’univers fantastique d’Alice, cette fois-ci non pas en tant que réalisateur mais en tant que producteur. Une suite attendue de pied ferme, confiée à James Bobin et embarquant la jeune fille, devenue femme, dans une épopée visant à sauver son ami le Chapelier fou. Car, bien que se targuant de réinventer les aventures d’Alice, la première adaptation de l’œuvre géniale et dérangée de Lewis Caroll manquait clairement d’un petit grain de folie. Un comble ! Si 'Alice de l’autre côté du miroir' n’évite pas les redites, reprenant des personnages certes attachants mais qui n’ont pas évolué d’un iota, il se montre toutefois plus audacieux que l’opus précédent. Et c’est ce paradoxe, entre redondance et originalité, qui anime le film.

Le casting reste sensiblement le même (Mia Wasikowska, Johnny Depp, Anne Hathaway, Helena Bonham Carter, etc.) et il surjoue toujours autant, ce qui lui réussit plus ou moins bien. Il faut cependant noter l’addition à cette équipe de Sacha Baron Cohen, qui s’avère être l’un de ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Incarnant le Temps, à la fois antagoniste et allié pour Alice, personnage aux mimiques et répliques savoureuses, l'inoubliable interprète de ‘Borat’ redynamise l’ensemble du film. On appréciera aussi l’apparition, certes anecdotique mais non dénuée de plaisir, du regretté Alan Rickman, reprenant le rôle du papillon Absolem pour nous bercer une dernière fois de sa voix rauque et résonnante. Les nouveaux décors et environnements, eux, se révèlent tous magnifiques et grouillent de détails amusants. Notamment le palais mécanique du Temps ou le nouveau château de la Reine Rouge, peuplé de créatures étranges, véritables délices d’ingéniosité et de trouvailles visuelles. Quant à l’avalanche d’effets spéciaux qui aura beau en rebuter certains, elle n’en demeure pas moins époustouflante.

Plus frais que le premier ‘Alice’ de Tim Burton, ce nouvel épisode en garde aussi les défauts. Le scénario manque toujours de complexité et les thèmes abordés dans le long métrage (famille, féminisme...) sont explorés de manière trop superficielle. Avec le périple féerique de l’héroïne qui tombe comme un cheveu sur la soupe, le spectateur aura également beaucoup de mal à comprendre en quoi ces péripéties viennent l’aider dans son quotidien, et, du coup, à s’impliquer dans l’histoire. De plus, la manie agaçante qu’a le film de souligner les évidences de l’intrigue, que ce soit par les flashbacks ou les commentaires appuyés d’Alice, enlève toute possibilité de profondeur à l’histoire. Les différents niveaux de lecture de l’œuvre originale de Lewis Carroll sont ici complètement absents. Ce qui est bien dommage car, malgré ce manque d’épaisseur et d’émotions, l’aventure n’en reste pas moins éblouissante et fera voyager les petits à défaut de faire rêver les grands.

Par Thomas Sevin

Publié :

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Détails de la sortie

Crédits

Réalisateur
James Bobin
Scénariste
Linda Woolverton
Acteurs
Johnny Depp
Anne Hathaway
Helena Bonham Carter
Sacha Baron Cohen
Mia Wasikowska