Brigitte Fontaine, reflets et crudité

Cinéma
3 sur 5 étoiles
Brigitte Fontaine, reflets et crudité

Time Out dit

3 sur 5 étoiles

Depuis ses premières apparitions publiques, il y a cinquante ans, on sait que Brigitte Fontaine est un théâtre permanent, vivant au sens propre. Aussi imagine-t-on combien l’idée de la filmer au quotidien dût sembler séduisante aux réalisateurs de ce moyen métrage d’une petite heure : Benoît Mouchart – par ailleurs, ancien directeur artistique du festival de BD d’Angoulême, passé depuis chez Casterman – et le photographe et critique musical Thomas Bartel.

Mais fausse bonne idée. Fontaine est plutôt sèche. Ou, tout bonnement (et passé le jeu de mot facile), elle ne désire manifestement pas se livrer. Et ne communique, comme à son habitude, qu’assez farouchement, avec lucidité, cruauté, élégance – presque coquetterie – et goût constant du paradoxe, de la provocation, des lignes de fuite. Au fond, on se dit qu’elle a probablement raison de se méfier de l’hagiographie que ce documentaire pourrait faire d’elle. Mais du coup, elle s’échappe, se retranche. Comme absente.

Son entourage à l’écran, lui, paraît aimant, chaleureux, parfois touchant : Jacques Higelin, Philippe Katerine, le fantôme de Georges Moustaki et, surtout, Areski Belkacem, son compositeur et compagnon depuis les années 1960. Mais Brigitte Fontaine reste évanescente. Alors, les réalisateurs ont l'heureuse idée de ressortir des images d’archives des aventures artistiques de Fontaine et Belkacem, au cours des années 60/70, quand ils sortaient leurs disques sur Saravah, le label de Pierre Barouh. Là : malice protestataire, poésie, humilité, audace ! C’est alors qu’on comprend que Brigitte Fontaine, au fond, n’a pas bougé. Que c’est l’époque qui s’est aigrie. Et qu’elle se barricade.

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