Dernier Train pour Busan

Cinéma, Epouvante-horreur
4 sur 5 étoiles
4 sur 5 étoiles
(2Appréciations)
Dernier Train pour Busan

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Le film de zombies au meilleur de sa forme entre les mains du cinéma sud-coréen.

En plein essor depuis le début des années 2000, la production cinématographique sud-coréenne ne cesse d’étonner en se réappropriant les codes du film de genre. Après ‘The Strangers’, un thriller policier fantastique et déjanté, qui a débarqué chez nous au début de l’été, c’est au tour de ‘Dernier train pour Busan’ de prouver qu’il en a dans le ventre.

Pour son premier long métrage en prises de vue réelles, le réalisateur Yeon Sang-Ho décide de s’attaquer au genre fatigué du film de morts-vivants. Alors qu’une épidémie mystérieuse se déclare en Corée du Sud, les passagers d’un train KTX à destination de Busan vont devoir survivre jusqu’à leur arrivée dans la dernière ville sûre du pays. Ce pitch à la fois simple et plein de promesses donne l’occasion au cinéaste de redynamiser une formule qui avait tendance à tourner en rond ces dernières années. 

Des stéréotypes pas clichés

Car le film de zombies, on aime bien ça mais seulement quand c’est bien fait. Et sur ce point, force est de constater que Yeon Sang-Ho a parfaitement compris son sujet. Recentré autour de ses personnages, son récit cherche tout simplement à explorer les émotions qui les animent. Si l’enjeu principal du long métrage reste l’évolution de la relation entre le héros et sa fille, tous les autres passagers du train permettent au réalisateur de raconter quelque chose. Un homme gentiment bourru et sa femme enceinte, un couple de vieilles dames ou bien encore une troupe de joueurs de base-ball et leur groupie : tous les protagonistes correspondent à des stéréotypes mais sont loin d’être clichés.

En les introduisant dans le feu de l’action et en évitant de nous surcharger de scènes d’expositions inutiles, le metteur en scène implique directement le spectateur, forcé de s’identifier. Il faut dire qu’il y en a des raisons de s’inquiéter pour ces personnes ordinaires confrontées à l’horreur la plus glaçante. 

Un passif dans le dessin animé

Sans aucun temps mort, 'Dernier train pour Busan' possède un rythme haletant. Effrayant et gore sans en faire trop, le film parvient à installer une ambiance pesante pendant toute la durée de ce voyage infernal. La mise en scène y est pour beaucoup en nous faisant sentir que le danger n’est jamais très loin. C’est bien sûr le cadre atypique dans lequel l’action se déroule ainsi que l’utilisation intelligente qui en est faite qui constituent le principal point de démarcation entre ce film et d’autres productions du genre. C’est bien simple, tous les éléments de l’environnement du KTX, que ce soit les toilettes ou les porte-bagages, sont utilisés dans au moins une scène.

Cette gestion brillante de l’espace démontre une véritable attention aux détails. Déjà auteur de plusieurs longs métrages d’animation, Yeon Sang Ho utilise cette expérience à bon escient pour son premier film live. On ressent à chaque instant l’influence positive du story-board dans le résultat final. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, ‘Dernier train pour Busan’ est une œuvre réjouissante qui nous prouve une fois de plus que le cinéma sud-coréen est bel et bien prêt à conquérir le monde.

Par Thomas Sevin

Publié :

Infos

Détails de la sortie

Noté
12
Date de sortie
mercredi 17 août 2016
Durée
118 mins

Crédits

Votre avis (2)

4 sur 5 étoiles