Evolution

Cinéma, Drame
Recommandé
2 sur 5 étoiles
Evolution

Time Out dit

2 sur 5 étoiles

Ballotage en eau trouble et échouage sur les rives du malaise.

Devant la photographie léchée d’‘Evolution’ et son synopsis alléchant – un village isolé au bord de l’océan, peuplé uniquement de femmes et de jeunes garçons, dans lequel se déroulent d’étranges expériences –, on nourrissait de grands espoirs. Et, malheureusement, on a bu la tasse !

Comme pour ‘Innoncence’, le précédent long métrage de la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic (adepte des titres en un seul mot, comme Stephenie Meyer), ‘Evolution’ entend immerger complètement le spectateur dans son délire cinématographique. A mi-chemin entre le film d’horreur et ‘Les Révoltés de l’an 2000’.

Ainsi, pour nous rendre aussi déséquilibré que ses personnages, Lucile Hadzihalilovic n’hésite pas à nous plonger dans une vague folie, à grands renforts de longs plans fixes et de musique grinçante produite par des ondes Martenot. Mais surtout, en nous assiégeant de questions sans jamais nous apporter de réponses. Un désir d’impliquer pleinement le spectateur dans son œuvre qui pourrait nous donner envie de la suivre si le chemin où elle s’engage n’était pas aussi tordu.

Noyée dans une ambiance à la fois inerte et inquiétante, inspirée des sombres univers de Lovecraft et Philip K. Dick (mais n’est pas Lovecraft qui veut…), l’histoire semble sans queue ni tête. On a l’impression d’assister à une succession de scènes vraiment dérangeantes et de métaphores – la lampe du bloc opératoire est une étoile de mer, l’eau est un territoire amniotique où les jeunes garçons se retrouvent à porter des embryons, les infirmières sont des sirènes sadiques dissimulées sous le masque de la bienveillance – visant à exorciser les démons de Lucile Hadzihalilovic. Car, la réalisatrice l’avoue : « Ce film est tout entier empreint d’éléments de mon enfance, notamment le souvenir douloureux d’une opération de l’appendicite. » D’où ses nombreuses références malsaines à la puberté, à la gestation et à l’insertion d’un parasite dans l’abdomen. Mais le spectateur est-il vraiment là pour jouer les psychanalystes, servir de réceptacle aux angoisses d’un cinéaste ? Lui qui doit déjà donner au film le sens de son interprétation. 

Alors, certes, les plans sous-marins dans les bas-fonds de Lanzarote sont magnifiques, bien qu’ils aient été très compliqués à réaliser. Néanmoins, la technicité d’un film ne doit pas tout excuser. Et surtout pas son obscénité narrative. 

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Infos

Détails de la sortie

Durée
0 min

Crédits

Réalisateur
Lucile Hadzihalilovic
Scénariste
Lucile Hadzihalilovic, Alanté Kavaïté
Acteurs
Max Brebant
Roxanne Duran
Julie-Marie Parmentier