It Follows

Cinéma, Epouvante-horreur
4 sur 5 étoiles
5 sur 5 étoiles
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It Follows

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Tronçonneuses, vampires, exorcisme, fous furieux sanguinaires, monstres, Jack Nicholson, un type traumatisé par sa mère qui se déguise en elle : pas besoin de tout ça pour faire frissonner de terreur une salle de cinéma. Avec ‘It Follows’, vous serez cramponné à votre fauteuil à cause… de gens qui marchent. Qui suivent quelqu’un, plus exactement. Et ce ne sont pas vraiment des gens, mais plutôt le pronom indéfini « it » en anglais, une créature aux multiples apparences, prenant tantôt le visage de vieillards ou d’enfants anonymes, tantôt celui d’une femme nue, tantôt celui des proches de Jay, la jeune fille victime de la malédiction. On parle d’un mauvais sort, mais c’est presque une MST, puisque c’est en lui faisant l’amour qu’un garçon a refilé la créature à Jay. Désormais, le monstre poursuivra l’adolescente à la trace, où qu’elle aille, quoi qu’elle fasse, afin de la tuer. 

Très vite, Jay va se réfugier dans son petit groupe d’amis pour trouver du réconfort. Ceux-ci ne peuvent pas voir la créature, mais ils représentent une présence rassurante. Evoluant dans un monde presque désolé, dont les adultes semblent singulièrement absents (hormis les apparitions de la créature), la bande va tour à tour se cloisonner, fuir et attendre. Tout l’art de la mise en scène de ‘It Follows’ consiste donc dans ces différents temps d’évitement, de confrontation ou de résignation, symboliques d’un âge où la transformation du corps et de l’esprit s’apparente souvent à un véritable traumatisme. A cet égard, la femme adulte nue qui suit Jay n’est pas sans rappeler à la fois le corps dépouillé de la mère et celui en devenir de la jeune fille. 

Il y a du David Lynch dans ces images d’ados désœuvrés de banlieue huppée, en proie à leurs pulsions et frayeurs, pour qui le passage à la maturité s’accompagne d’angoisse existentielle. Si l’attente et la fuite sont lynchiennes, les magnifiques séquences où l’on frôle la présence de la créature, notamment lors de la scène de la piscine, évoquent davantage Jacques Tourneur et sa 'Féline'. Quant à la somptueuse musique de Rich Vreeland, ces notes de synthés minimalistes et maléfiques, elle renvoie directement aux bandes originales de John Carpenter (composées par lui-même) ou à celle de Vangelis pour ‘Blade Runner’. De quoi faire du second film de David Robert Mitchell un vrai jalon cinéphilique dans l’histoire du film fantastique. Référencé, élégant et terriblement inquiétant, ‘It Follows’ vient logiquement d’être primé au Festival de Gérardmer début février 2015.

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Infos

Détails de la sortie

Crédits

Réalisateur
David Robert Mitchell
Scénariste
David Robert Mitchell
Acteurs
Linda Boston
Caitlin Burt
Heather Fairbanks
Maika Monroe

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