La Nuit américaine

Cinéma, Comédie
5 sur 5 étoiles
La Nuit américaine
© Les Films du Carrosse

Time Out dit

5 sur 5 étoiles

La Nuit américaine peut être vu comme un archétype de mise en abyme, un film se tournant dans le film qu’on regarde – ce qui est d’ailleurs presque un genre à part entière, avec 8 ½ de Fellini ou Le Mépris de Godard. Ici, François Truffaut interprète donc lui-même un metteur en scène, sur le plateau d'un film dont il perd peu à peu le contrôle. Parmi les membres de son équipe de tournage, on retrouve avec plaisir un Jean-Pierre Léaud tout en logorrhées auto parodiques, Jean-François Stévenin régisseur, Dani (chanteuse gainsbourgienne) en script-girl, Bernard Menez photographe, Jean-Pierre Aumont en vieux beau, ou Jacqueline Bisset en vedette anglo-saxonne.

Mais au-delà de son réjouissant casting, et comme son nom le laisse entendre, La Nuit américaine est avant tout une réflexion sur l'illusion – la technique de la « nuit américaine » consistant en effet à sous-exposer la pellicule, ou à jouer de filtres, pour pouvoir tourner de jour des séquences nocturnes. Bref, la nuit américaine est par définition une nuit fausse, une nuit illusoire. « Qu'est-ce que c'est que ce cinéma ? Qu'est-ce que c'est que ce métier où tout le monde couche avec tout le monde ? Où tout le monde se tutoie, où tout le monde se ment ? », s'écrie ainsi la femme du régisseur. Pourtant, derrière son ironie, le film n'est pas à charge contre le monde du cinéma. Disons qu’il fait plutôt avec. Truffaut s'y montre comme un artisan, un travailleur plutôt qu’un artiste, et en profite pour rendre hommage à toutes les « petites mains » du septième art. Et finalement, démystifier l’art, n’est-ce pas le premier pas pour le faire coïncider avec la vie ?

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Détails de la sortie

Durée
115 mins

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