Orange mécanique

Cinéma
5 sur 5 étoiles
Orange Mécanique
A Clockwork Orange

Time Out dit

5 sur 5 étoiles

En 1971, le film le plus pop de Kubrick apparaît aussi comme son plus violent. Censuré, retiré des écrans britanniques pendant plus de vingt-sept ans (jusqu’à la mort du cinéaste), son adaptation du roman d’Anthony Burgess aura fait couler beaucoup d’encre. D’abord à cause de son héros, Alex, jeune homme sans foi ni loi (comme son prénom l’indiquerait d’ailleurs avec un « a » privatif : a-lex, « sans loi »), amateur d’ultraviolence, de Beethoven – pardon : Ludwig van – et de viols collectifs.

Pourtant, à bien y regarder, la violence la plus radicale présente au sein du film ne réside pas tant dans les frasques de la bande d’Alex – ses droogies – que dans la punition qui attend le délinquant une fois que tout le monde l’aura lâché. Emprisonné, le personnage incarné par l’inoubliable Malcolm McDowell se retrouve en effet réduit à l’état de cobaye, à la psyché manipulée et torturée par les autorités. Violence individuelle contre violence d’Etat. Folie contre répression.

En fait, la profonde subversion d’Orange mécanique ne vient pas tant de ses personnages, ou de son esthétisation de la violence (visuelle mais aussi sonore, avec l'inoubliable musique de Wendy Carlos au Moog). Elle vient surtout de l’omniprésence du mal, à tous les échelons d’une société où les victimes n’attendent que de devenir bourreaux à leur tour, dans une spirale de violence qui les dépasse tous. Comme quoi, depuis Kubrick, le noir est une couleur pop.

Infos

Détails de la sortie

Crédits

Réalisateur
Stanley Kubrick
Scénariste
Stanley Kubrick
Acteurs
Malcolm McDowell
Patrick Magee
Michael Bates
Warren Clarke
John Clive
Adrienne Corri
Carl Duering
Steven Berkoff
David Prowse