Prince of Texas

Cinéma, Comédie
Recommandé
3 sur 5 étoiles
Prince of Texas

Time Out dit

3 sur 5 étoiles

Texas, 1987. Alvin (Paul Rudd) et son beauf fêtard Lance (Emile Hirsch) partent dans les forêts dévastées par un incendie pour repeindre les marquages des routes : le ton est donné pour un buddy movie divertissant, même s’il manque parfois de surprises.

Romantique incorrigible, Alvin se laisse porter par son amour pour la nature et pour sa femme, qui, tous deux, se révèleront assez traîtres à son égard – une ironie qui lui donne un côté pathétique, voire tragique (Paul Rudd, taciturne et sincère, livre une performance à contre-emploi plutôt réussie). Quant à Hirsch, en mode Jack Black, il incarne le bouffon sympa, content de se complaire dans l’oisiveté en parlant des filles. Rien ne rapproche ces deux camarades, si ce n’est que l’un a épousé la sœur de l’autre.

Film artisanal tourné en seize jours, ‘Prince of Texas’ marque le retour du réalisateur David Gordon Green au cinéma indépendant, à la suite d’un bref détour par Hollywood, où il tourna quelques comédies ‘stoner’ peu mémorables (à l’honorable exception de ‘Délire Express’). Libéré des contraintes qu’imposent les gros budgets et désolidarisé de l’influence écrasante de Judd Apatow, Green se permet d’explorer à un rythme tranquille l’amitié atypique de ces deux losers, tout en s’attardant sur l’immensité de l’aride campagne texane avec une attention aux détails qui rappelle Terrence Malick. Si le récit ne s’écarte pas vraiment des clichés du genre – chamailleries, crises, réconciliations, découverte de soi – il se déroule tout de même avec un charme agréable.

De ce dispositif tout simple, Green tente de tirer, sans toujours y parvenir, une résonance émotionnelle. Une séquence où Alvin tombe sur une vieille dame, fouillant dans les cendres de sa maison à la recherche d’une lettre perdue, brosse ainsi un tableau frappant de l’éternel danger des incendies menaçant ce coin du pays, sentiment renforcé par la réapparition de la vieille lors de deux scènes qui atteignent une légère dimension magico-réaliste. En revanche, l’instabilité mentale d’Alvin paraît traitée de façon trop désinvolte, et le scénario s’épargne paresseusement des moments qui auraient pu lui être essentiels. A en juger par ses premiers films, Green devrait être capable de mieux ;  malgré cela, on peut quand même dire qu’avec ‘Prince of Texas’, un film plaisant quoiqu’en deçà des attentes, il commence à remonter la pente.

Infos

Détails de la sortie

Durée
94 mins

Crédits

Réalisateur
David Gordon Green
Scénariste
David Gordon Green
Acteurs
Paul Rudd
Emile Hirsch
Lance LeGault