Restless

Cinéma
Restless

Time Out dit

De Gus Van Sant avec Mia Wasikowska et Henry Hooper (2011)

Enoch et Annabel ont une occupation commune : assister aux funérailles de parfaits inconnus. Ils se rencontrent lors d’une de ces sessions mortuaires et ne se quitteront plus jusqu’à ce que. Car tout est là, tout commence à peine quand la jeune fille avoue ; atteinte d’un cancer, il ne lui reste que trois mois à vivre. Il l’aidera à faire de son départ une fête. Présenté à Cannes dans la sélection Un Certain Regard, Restless ne s’arrête pas aux disjonctions usuelles entre ce qui fait vie et mort. Pendant un temps, rien n’est ni vraiment mort ni vivant. Ils sont en instance. On voit alors ce qui dans la mort résiste de vie (l’instant funérailles, les fantômes, les souvenirs) et comment les amours résiduels peuvent devenir le moteur de translation entre ces deux mondes. Et puis, être ensemble près de la mort, c’est une manière de s’y accoutumer, s’y préparer, s’y résoudre. C’est briser la limite entre les deux espaces et désacraliser la mort pour en faire un instant de vie (quitte à la mettre en scène). Mais comment avoir du respect pour les morts quand eux n’en ont aucun pour les vivants ? “Death is easy - Love is hard”. Leur reste à savoir à quel moment il est juste de s’aimer. S’aimer avant, s’aimer quand elle ne sera plus là ? Quelle importance donner aux choses, aux gens qui disparaissent ? Mais elle sera là toujours du simple fait de l’avoir été, une fois. Jusqu’à ce que les premiers mots du film deviennent les dernières pensées : « You and I have memories. Longer than the road that stretches out ahead » (The Beatles – Two of Us).

Par Gildas Madelénat

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