Sing Street

Cinéma, Drame
Recommandé
5 sur 5 étoiles
Sing Street

Time Out dit

5 sur 5 étoiles

LE film qui va ensoleiller votre automne (et votre hiver, et votre printemps, etc.)

Imaginez les embruns de la mer d'Irlande qui vous fouettent le visage ou la splendeur des paysages du Connemara qui noient de larmes de joie votre rétine. Et bien ‘Sing Street’ c'est pareil. La même claque dans la tronche, celle qui vous colle au siège. Une droite qui fait du bien comme une caresse et met vos sens en ébullition (la vue et l'ouïe tout au moins).

Aucune fausse note

Une décennie après l’oscarisé ‘Once’ et trois ans après le sympathique et non moins réussi 'New York Melody' – dans lequel Keira Knightley rayonnait pour la première fois, aux côtés d'un Mark Ruffalo lui, toujours aussi brillant –, John Carney réitère dans le genre du film musical (avec des compositions originales, sinon géniales ! Disons « origéniales » ?).

Il faut dire que John Carney, ancien bassiste du groupe de rock irlandais The Frames, aime les défis et les paris risqués (voire perdus d'avance). Ce sont d'ailleurs eux qui constituent la trame de ses scénarios : entre les enregistrements en pleine rue de son précédent long métrage et l'ambition de monter un groupe pour impressionner la mystérieuse Raphina de son nouveau héros Conor, jeune adolescent irlandais dans les années 1980, les situations sont périlleuses. Mais, comme ses protagonistes, John Carney touche au but et parvient à nous embarquer à force de labeur. Et surtout de talent.

Tout en justesse...

La bande originale aux accents Kaiser Chiefsiens, U2-esques et Duran Duraneurs, les acteurs (pourtant inexpérimentés), l'histoire émouvante mais pas cucul, le décor et la photographie, le montage... Aucune fausse note dans ce film choral où chaque personnage a son importance – contrairement à 'New York Melody' où certains ne faisaient malheureusement l'objet d'aucun approfondissement.

On retiendra tout particulièrement le grand frère de Conor, mi-mentor mi-loser. Sa mère, délaissée par son mari (alias Little Finger de 'Game of Thrones'), qui rêve de changer de vie. Ou encore ce curé tyrannique, homophobe et un brin pédophile. Autant de figures qui permettent d'aborder des thèmes durs et poignants tels que l’exil de la jeunesse, le divorce, le chômage, la frustration… En toute simplicité cependant ! Une justesse qui doit aussi beaucoup à la dimension autobiographique de ‘Sing Street’, John Carney s’inspirant totalement de cette époque où il vivait ses premiers émois et ses premiers doutes existentiels en regardant "Top of the pops".

Rafraîchissant comme une Guinness tout juste sortie du fût, 'Sing Street' s’inscrit donc comme le digne petit frère de 'Good Morning England' en termes de réjouissance à la sortie de la séance. C'est bien simple : si, ensuite, vous n'avez pas envie de chanter dans la rue ou de « rock and roller » sur les pavés, c'est que vous êtes bouché ! (Ou alors trop timoré…)

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Infos

Détails de la sortie

Date de sortie
mercredi 22 juin 2016
Durée
106 mins

Crédits

Réalisateur
John Carney
Acteurs
Aidan Gillen
Jack Reynor
Maria Doyle Kennedy
Ferdia Walsh-Peelo
Lucy Boynton