The Danish Girl

Cinéma, Drame
3 sur 5 étoiles
The Danish Girl

Time Out dit

3 sur 5 étoiles

Une belle histoire d’amour et de femmes qui pourrait damer le pion à ‘Carol’.

Intense dans ‘Les Misérables’, époustouflant en Stephen Hawking dans ‘Une merveilleuse histoire du temps’ (un rôle qui lui a valu un Oscar l’année passée) et prometteur dans ‘Les Animaux Fantastiques’ (spin-off de 'Harry Potter' qui sortira dans quelques mois) : Eddie Redmayne sait mélanger les genres. Au propre comme au figuré d’ailleurs, puisque dans ‘The Danish Girl’, il incarne un homme devenu femme. Sous la houlette de Tom Hooper, le réalisateur à qui l’on doit aussi le formidable ‘Discours d’un roi’, l’acteur britannique prête ses traits délicats et son teint de porcelaine à Lili Elbe. Née Einar Wegener, cette artiste danoise du XXe siècle fut la première à tenter la chirurgie pour changer de sexe. « Inspirée d’une extraordinaire histoire vraie », comme le souligne l’affiche du film, et parlant d’un sujet poignant, ‘The Danish Girl’ semble donc s’inscrire dans la veine des mélodrames déchirants qui se respectent. Heureusement, malgré certains aspects versant dans le pathos, ce film est un peu plus que cela.

D’abord, il y a l’imagerie, tout simplement splendide. Sûrement est-ce pour rappeler que, avant de devenir Lili, Einar Wegener était peintre que l’esthétique de ‘The Danish Girl’ est si léchée. Nombreux sont les plans fixes sur le reflet de la lune dans l’eau du canal Nyhavn de Copenhague, sur les façades colorées des maisons qui le bordent ou les décors Art déco des cafés parisiens. Symétrie des paysages, clair-obscur, double focale, savants gros plans… La mise en scène de Tom Hooper est si travaillée qu’elle donne au spectateur l’impression de s’immerger dans un tableau de Vilhelm Hammershoi. Du septième art qui, pour une fois, porte bien son nom.

Ensuite, il y a Alicia Vikander. La bombe robotique d’‘Ex-Machina’ campe Gerda Wegener, une épouse à l’abnégation ahurissante, capable de supporter la transformation sexuelle et psychologique de son mari sans jamais capituler face aux épreuves. Après avoir incité ce dernier à se travestir pour s’amuser, la belle se rend vite compte qu’il ne s’agit plus d’une plaisanterie. Et lorsque Lili prend peu à peu la place d’Einar dans son lit, son amour se mue finalement en amitié. Une amitié profonde entre deux femmes en reconstruction, touchante et authentique. Or, contre toute attente, la sincérité de cette relation si particulière doit plus au jeu simple et naturel d’Alicia Vikander qu’à celui excessivement maniéré d’Eddie Redmayne. Tandis que Lili minaude avec une grâce étrange et envoûtante devant son miroir, enveloppée dans une étole en soie dorée, Gerda parcourt les rues, dans un manteau aussi sobre que sombre, pour démarcher les médecins qui pourraient venir en aide à celle qu’elle ne cessera jamais d’aimer. De même, quand Lili nous transperce le cœur avec ses regards aguicheurs et ses taches de rousseur, Gerda, elle, nous le serre avec sa détermination et sa douceur. En somme, l’héroïne de ‘The Danish Girl’ n’est pas celle que l’on croit. Mais pas sûr que ce retournement de situation affectif soit volontaire de la part de Tom Hooper.

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Infos

Détails de la sortie

Durée
0 min

Crédits

Réalisateur
Tom Hooper
Scénariste
Lucinda Coxon
Acteurs
Alicia Vikander
Amber Heard
Matthias Schoenaerts
Eddie Redmayne
Ben Whishaw