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Generator, le logement dernier

On a visité la plus grande auberge de jeunesse de Paris

  • © Sinue Serra

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© Sinue Serra


Ils sont nombreux. Ils sont jeunes. Ils sont foufous. Ils font la fête et boivent des hectolitres de bière tous les soirs. Eux, ce sont les touristes anglais, espagnols et allemands qui vont débarquer à Paris en masse, depuis que l'auberge de jeunesse Generator s'y est installée, place du Colonel Fabien, ce 1er février. Un bâtiment colossal qui s'élève sur huit étages et possède 198 chambres et 920 lits, de quoi accueillir un petit village. D'ailleurs, l'auberge dispose de son propre restaurant (normal), mais aussi d'un bar-club en sous-sol et d'un salon marocain cosy pour travailler, lire ou flâner. A la réception ouverte 24h/24, on parle huit langues. Il existe même une « travel shop » si l'on souhaite découvrir les bons plans parisiens, acheter le Paris Museum Pass ou trouver des adresses pour déjeuner, faire du shopping, etc.

Détenu par le groupe britannique Patron Capital, Generator est un mastodonte de l'hôtellerie, disposant d'auberges à Londres, Berlin, Rome, Dublin ou encore Barcelone, avec à chaque fois une stratégie bien rôdée : prix cassés, quartier branché, déco réalisée par de jeunes designers qui mêlent esthétique universelle et codes locaux (ici, c'est le métro parisien qui inspire l'ambiance pour le club, le colonel Fabien qui donne son nom au café ou encore le macaron qui s'impose en cocktail). « Le groupe a choisi le quartier avec soin, nous explique Etienne Matichard, responsable des ventes à Paris. Le 10e arrondissement bouge beaucoup, c'est l'un des plus dynamiques de Paris. Nous ne sommes pas loin du canal Saint-Martin, des Buttes Chaumont et des bars sympas pour sortir. Avec la ligne 2, c'est aussi facile d'aller à Montmartre. »

Surtout, il faut le dire : la place du Colonel Fabien culmine à 63 mètres de hauteur, alors à partir du 5e étage, les chambres donnent sur une vue incroyable de Paris, avec le Sacré-Cœur en ligne de mire. Certaines chambres double ou twin privées (à 130 euros la nuit, les plus chères) possèdent d'ailleurs d'agréables terrasses privées, où le visiteur fourbu pourra se reposer dans un hamac. Le reste se répartit en dortoirs de 4, 6, 8 ou 10 lits, dont les premiers prix sont à 25 €. Les filles se réjouiront d'apprendre que 6 chambres de 8 lits leur sont exclusivement réservées. Dans l'ensemble, le cadre cosy de Generator donnerait presque envie à un Parisien de réserver une chambre pour deux au dernier étage, histoire d'avoir enfin une vue dégagée, même si on imagine que l'endroit prendra une autre tournure une fois que les centaines de touristes auront débarqué. Côté tarifs, les prix des lits, mais aussi du bar et du restaurant sont tout à fait abordables pour un étudiant.

Seul bémol, les critiques de la Fédération unie des auberges de jeunesse (Fuaj), qui évoque la charte des auberges à l'encontre de Generator : « La construction de la culture de la paix et du développement durable à travers les rencontres dans l'auberge. » Pas vraiment la devise première de Generator, qui met davantage l'accent sur les prix et la fête. La Fuaj, elle, s'enorgueillit d'une toute nouvelle auberge à la Halle Pajol, 330 lits dans un lieu éco-durable aux panneaux solaires et façades en bois. Le prix de la nuitée avoisine ici les 30 €. Une chose est sûre : question logement pour routards, il y en aura désormais pour tous les goûts à Paris.

(En espérant juste que les rues de Paris ne ressemblent pas à ce cliché de Maciej Dakowicz, issu de la série 'Cardiff After Dark'.)

© Maciej Dakowicz


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