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Les clichés parisiens #1 : à Paris, le temps est pourri

Entretien avec François Gourand, prévisionniste à Météo France

  • © Emmanuel Chirache

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Nous sommes le 8 juillet 2014 et il pleut. Comme un air d'été pourri déjà entendu à Paris, où la légende voudrait que la météo s'acharne sur le Parisien comme la vérole sur le bas clergé. D'après un sondage réalisé par l'institut de la mauvaise foi, les gens du Sud seraient les plus prompts à se moquer du temps parisien, du ciel voilé par les nuages, de la pluie persistante, du soleil qui brille par son absence, des températures polaires. Qu'en est-il vraiment ? Pour le savoir, nous avons discuté avec François Gourand, Parisien et prévisionniste pour Météo France.

Premier constat en forme d'enfoncement de porte ouverte, il est scientifiquement prouvé que la météo est plus clémente dans la moitié Sud de la France que dans la moitié Nord, et Paris n'échappe - presque - pas à la règle. Presque ? Là où Paris se démarque des autres villes de la moitié Nord, c'est dans ses températures nocturnes. Forte de ses deux millions d'habitants, de ses immeubles bétonnés qui stockent la chaleur et de la densité de population, la capitale forme un îlot de températures plus élevées qu'ailleurs dans la région. Un constat qui vaut surtout pour la nuit et la matinée, où il n'est pas rare d'enregistrer un écart de 10°C entre Paris et sa périphérie. « Vous le vérifierez facilement en regardant bien les bulletins météo, nous confie François Gourand, le matin, les températures les plus élevées de la moitié Nord sont très souvent à Paris ».

Cet effet de conservation de chaleur pendant la nuit s'est accru avec le réchauffement climatique, qui transforme les nuits d'été en fours micro-ondes à ciel ouvert durant les canicules. « Avec la croissance du nombre de canicules, continue notre météorologue, on risque de souffrir de plus en plus. Pour lutter contre ce phénomène, il va falloir développer la végétalisation des toits parisiens et des grandes villes en général. » Voilà qui nous fournit une transition parfaite pour discuter de l'effet de la pollution sur le climat parisien. Existe-t-il un nuage de pollution qui englobe la ville, une sorte de brouillard, de grisaille qui expliquerait les clichés sur la météo locale ? Pas forcément, répond François Gourand, qui rappelle que les derniers pics de pollution de mars 2014 ont eu lieu alors qu'il faisait beau et que les nuages avaient déserté un ciel devenu bleu-gris. Un ciel qui peut s'assombrir, mais qui ne produira quasiment jamais de brouillard, lequel naît de différences entre une fraîcheur nocturne et  un air chaud accompagné d'humidité, une situation plutôt rare en milieu urbain mais courante à la campagne.

Et cette impression qu'il pleut tout le temps à Paris, juste au-dessus de votre tête, même l'été ? Eh bien elle est plutôt faussée, semble-t-il. Vous n'y croirez sans doute pas, mais le niveau de précipitations annuelles parisien a atteint 608 mm en 2013, c'est-à-dire moins qu'à Lille (762 mm), Nantes (884 mm), Lyon (968 mm), Limoges (1 068 mm), Brest (1 252 mm) ou, plus surprenant, Toulouse (739 mm). La moyenne nationale, elle, tourne autour des 895 millimètres. Comme on peut le voir, nous autres Parisiens ne sommes pas si mal lotis que ça. Pour des raisons évidentes de pudeur, nous n'évoquerons pas ici les heures d'ensoleillement annuelles dans la capitale, et nous allons même respecter une minute de silence.


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