Hypnotic Brass Ensemble

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Hypnotic Brass Ensemble

Difficile de croire que les huit grands blacks au swag de gangster US qui entrent sur scène sont membres d’une fanfare. Encore plus improbable d'imaginer que ces gaillards alignés sur la petite scène de la Maroquinerie sont tous frères. Et pourtant ! Hypnotic Brass Ensemble est une fanfare funk hip hop formée par huit rejetons de Philip Cohran, le trompettiste de Sun Ra dans les années 60. En les écoutant jouer on se dit que le talent est forcément héréditaire : le groove est remarquable, et l’harmonie est parfaite entre les quatre trompettes, les deux tubas le baryton et le souba, tant ces musiciens qui ont grandi et appris la musique ensemble jouent en symbiose. Ils  forment un orchestre volontairement puissant, qui fait vibrer le public sur un groove hip hop que l’on doit au batteur hors pair, le seul qui n’est pas membre de la famille.  

Hypnotic Brass Ensemble est une « succès story »  à l'américaine. Débarqué du Mississipi à Chicago dans le sillage de Sun Ra dans les années 60 pour profiter du vent de liberté « black & pround » qui souffle sur le Nord des Etats-Unis, le père Cohran fonde avec d’autres artistes de jazz, notamment le Art Ensemble of Chicago, l’AACM, une association qui encourage la valorisation de la musique noire, et la formation de musiciens et de compositeurs de jazz. Militant jusqu’au bout des lèvres, il insuffle dans sa trompette sa combativité et sa créativité musicale. Il composera plus de 5000 titres et sera le mentor de The Pharaohs, qui deviendra plus tard Earth, Wind and Fire.

Les enfants Cohran baignent dans le jazz, mais aussi le hip hop qu’ils écoutent en cachette le soir, comme NWA, Public Enemy ou Ice Cube, et forment leur premier groupe de rap en mode beat box. A la fin des années 90, l’école est finie, ils jouent en brass band dans les rues de Chicago, où souffle un vent de liberté. Vite repérés et sortis de leur trottoirs, ils assurent les premières parties de Gorillaz, Mos Def, Tony Allen, De la Soul Erykah Badu, et bien d’autres avant de se produire en janvier 2009 au festival Son d’hiver, pour la première fois à Paris.

Par Camille Griffoulières