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Les métiers oubliés

Parce qu'on n'oublie personne pour la fête du travail

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Le 1er mai est la fête du travail. Le travail ? Mais quel travail ? Celui des ouvriers bien sûr, mais aussi les professions disparues et cocasses que nos grands-parents nous racontaient et auxquelles, petits, on n'osait croire. Tous ces métiers qui dorment dans les livres d'histoire et qu'il nous semblait impératif de raconter. Voici nos huit métiers préférés que l'on espère ne jamais voir disparaître.

  • Crieur public

    Il y a bien longtemps, dans un monde où l’information n’avait pour circuler que quelques livres à peine distribués, c’est aux crieurs publics que l’on faisait appel pour diffuser les nouvelles. Ces hommes, bien bâtis, aux coffres puissants et aux ports altiers, se déplaçaient dans les villes, des recoins les plus isolés jusqu’aux carrefours les plus empruntés, pour hurler ordonnances royales et autres annonces de décès, d’enfants perdus, d’animaux échappés, de ventes, d’augmentation du prix du vin, etc. De véritables troubadours de l’actualité qui déambulaient armés de trompettes, ne redoutant ni le froid ni les tempêtes, prêts à tout pour répandre l’info. Un peu comme si aujourd’hui, un journaliste de BFM TV était posté à chaque station de métro et hurlait sans discontinuer bulletins météo et dernières news de l’UMP. Mais ne vous fiez pas à son côté désuet, puisque voilà l’un des seuls métiers de cette liste qui n’a pas complètement disparu. Certains crieurs publics font en effet de la résistance, à Lyon par exemple et dans d’autres villes françaises, mais aussi en Belgique et au Canada. En Angleterre, la famille royale utilise parfois ce genre de service. Comme lors de la naissance du Royal Baby, où ce facétieux crieur public anglais s’était octroyé lui-même le rôle de l’officiel.

    Crieur public
  • Arracheur de dents

    C’est bien connu, la première qualité d’un arracheur de dents n’était pas la délicatesse. La langue française a d’ailleurs préféré retenir sa propension à rassurer les patients par un vilain mensonge plutôt que le coup de gnôle qu’il offrait en guise de cautérisation. Pourtant, si la pratique avait passé les âges, il se pourrait que les jeunes générations aient moins de mal à passer la porte de leurs successeurs les dentistes. Sans doute porteraient-elles même leurs bagues et appareils avec plus d’aplomb, certaines d’avoir accompli un rite initiatique à l’âge adulte. On en viendrait presque à regretter ces médecins itinérants qui fixaient les deux extrémités d’un fil, à la dent du patient et à la queue d’un cheval. Une technique qui a tout du mythe censé effrayer les enfants, mais qui fut la norme médicale pendant des siècles. Il est à parier que ces derniers n’oublieraient pas de se brosser les dents après avoir vu une personne déchausser celles des braves gens en plein milieu du marché à grand coup de ruades équestres. De quoi redonner foi dans le progrès, mais pas forcément en l’humanité.

    Arracheur de dents
  • Montreurs d'ours

    Principalement originaire d’Ariège, département de Midi-Pyrénées où les ursinés pullulaient en des temps anciens, le montreur d’ours est chargé de dresser son animal de compagnie, puis d’assister l’exécution de ses tours lors de spectacles. Évidemment, la profession était assez exclusive. Mettre sa tête dans la gueule du loup, pardon de l’ours, n’est pas donné à tout le monde. A l’époque, les plus talentueux réussirent à réaliser des tournées en Europe, en Amérique du Sud et aux Etats-Unis où beaucoup finirent leur carrière. S’il existe encore quelques-uns de ces incroyables dompteurs, il n’est pas difficile de deviner ce qui a pu perdre la profession, entre les associations de droits des animaux et les vidéos de chats sur Youtube. Pourtant, voir des ours danser la polka possède un charme qui dépasse de loin celui d’un félin abruti qui joue du piano, mais qui malheureusement n’est pas très wwf-friendly.

    Montreurs d'ours
  • Johnnies

    Avec un nom pareil, on pourrait imaginer bien des choses quant au métier exercé par les fameux Johnnies. Non, ce ne sont pas les roadies de notre vieux Johnny, ni même l’une de ses très actives congrégations de fans (supporter le chanteur, même si cela peut s’avérer difficile, n’est pas une profession pour autant). Les Johnnies sont en fait d’anciens colporteurs d’oignons. Oui, des colporteurs d’oignons. Au 19e siècle, les producteurs d’oignons bretons (et notamment roscovites) affrétaient des bateaux qu’ils chargeaient d’oignons et de Bretons pour traverser la Manche. Une fois débarqués en Angleterre, nos vendeurs aux chapeaux ronds, souvent accompagnés de leurs enfants, empoignaient les oignons tressés entre eux et s’en allaient faire du porte à porte, à pied ou à vélo. Ce sont les Anglais qui les surnommaient ainsi, Johnnies signifiant en fait les « petits Jean » ou les « petits Yann ». Si l’histoire vous intéresse, sachez qu’un musée sur le sujet existe à Roscoff : La Maison des Johnnies et de l’oignon rosé. Passionnant.

    Johnnies
  • Allumeur de réverbère

    On peut certainement regarder le monde ancien avec nostalgie, mais il est peu probable que l’on regrette les boulevards du crime et l’absence d’éclairage nocturne. À Paris, les premières lanternes firent leur apparition en 1667, mais il faudra attendre la seconde moitié du 19e pour que l’éclairage au gaz s’y répande. L’allumeur était alors l’homme circulant de réverbère en réverbère lorsque la nuit tombait sur la ville. Une professionindissociable des vendeuses d’allumettes également disparues, et dont Hans Christian Andersen tira le portrait. Aujourd’hui, les éclairages s’allument automatiquement en fonction de l’heure du coucher du soleil. Alors oui, la pollution visuelle empêche de voir les étoiles, mais elle permet aussi de retrouver les clefs tombées des poches de sportifs pratiquant la descente et le slalom dans les rades. Être romantique n’empêche pas d’être réaliste.

    Allumeur de réverbère
  • Tonnelier

    Inventé il y a plus de 2000 ans par les Gaulois, le principe du tonneau n’aura pas survécu à l’industrialisation et à la cuve en béton. Lui qui, de toutes façons, semblait déjà menacé par la faculté du tonnelier à finir aussi rond que sa barrique. Malgré ce triste augure, le tonnelier n’est pas une espèce menacée et risque bien de connaître un retour en grâce dans les années à venir. Alors que les nouveaux producteurs de vins doivent se tourner vers les fabriques de whisky anglaises pour trouver des fûts en chêne de qualité, se lancer dans cette profession complexe, où l’on manie le bois comme le roseau, peut assurément être gage de réussite. Le secret du métier ? Chauffer le bois et le plier grâce à des arceaux en fer. Autant dire qu’il vous faudra un peu d’aide pour vos premières réalisations. Quant aux ventes, comptons sur une forme inconsciente de corporatisme français qui pousserait la population à toujours finir ses ballons de vin. Un élan patriotique qui aurait tout de la dramaturgie grecque. Nous voilà condamnés à boire la tasse dans le tonneau des Danaïdes.

    Tonnelier
  • Épinceur de pavés

    Maintenant que les révolutions se font sur twitter, l’épinceur de pavé n’a guère de travail. Nous n’oserons pas traiter cette profession de briseurs de grève bien entendu, mais il faut bien reconnaître que son activité est moindre depuis que cette pierre formant les rues et les trottoirs de nombreuses villes ne vole plus pendant les manifestations. Constitué de roches éclatées puis retravaillées, souvent déchets des pierres de taille, le pavé – fruit du travail de l’épinceur, donc - connaît une seconde jeunesse dans les galeries d’art où de jeunes artistes inspirés en font des sculptures. Les sportifs pesteront sans doute, tout en chérissant du regardleurs VHS du Paris-Roubaix, épreuve également surnommée l’enfer des pavés. Sans doute l’épreuve nécessitant le plus de bonnes intentions pour y triompher.

    Épinceur de pavés
  • Gnomoniste

    Non, le gnomoniste n’est pas un sculpteur aimant les petits sujets, ni un farfadet imaginaire censé cacher sa marmite d’or au pied d’un arc-en-ciel. Tiré du terme grec gnomon désignant l’objet créant l’ombre sur un cadran solaire, le gnomoniste est donc l’homme censé effectuer les calculs nécessaires pour réaliser cet ancêtre de nos horloges, premier élément ayant servi à indiquer l’heure (après la position du soleil elle-même). Si cela vous paraît farfelu, sachez tout de même que la profession nécessite à la fois une grande connaissance des mathématiques, de l’astronomie, de la physique et de la philosophie. Rien que ça. Au moins, une reconversion ne semble pas difficile à celui réussissant à maitriser l’heure.

    Gnomoniste

Crieur public

Il y a bien longtemps, dans un monde où l’information n’avait pour circuler que quelques livres à peine distribués, c’est aux crieurs publics que l’on faisait appel pour diffuser les nouvelles. Ces hommes, bien bâtis, aux coffres puissants et aux ports altiers, se déplaçaient dans les villes, des recoins les plus isolés jusqu’aux carrefours les plus empruntés, pour hurler ordonnances royales et autres annonces de décès, d’enfants perdus, d’animaux échappés, de ventes, d’augmentation du prix du vin, etc. De véritables troubadours de l’actualité qui déambulaient armés de trompettes, ne redoutant ni le froid ni les tempêtes, prêts à tout pour répandre l’info. Un peu comme si aujourd’hui, un journaliste de BFM TV était posté à chaque station de métro et hurlait sans discontinuer bulletins météo et dernières news de l’UMP. Mais ne vous fiez pas à son côté désuet, puisque voilà l’un des seuls métiers de cette liste qui n’a pas complètement disparu. Certains crieurs publics font en effet de la résistance, à Lyon par exemple et dans d’autres villes françaises, mais aussi en Belgique et au Canada. En Angleterre, la famille royale utilise parfois ce genre de service. Comme lors de la naissance du Royal Baby, où ce facétieux crieur public anglais s’était octroyé lui-même le rôle de l’officiel.


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