Le meilleur de votre ville

Shopping : 8 vêtements qui reviennent à la mode

Eternels ou ringards, ils prennent un coup de jeune

En mode, la vie d'un vêtement ressemble à un refrain : ça s'en va et ça revient. C'est d'autant plus vrai quand on parle de vêtements qui ont marqué l'imaginaire commun et se sont inscrits dans notre patrimoine à tout jamais, parce qu'ils sont pratiques, simples, élégants, beaux ou magnifiés par des stars, des films, des moments historiques. Le risque alors pour le vêtement en question, c'est de finir au musée et de ne plus jamais en sortir. Mais ce serait sans compter sur deux moteurs très puissants, la nostalgie et le marketing, capables de faire renaître n'importe quel phénix de ses cendres, même si c'est un canard brodé dans le dos d'une doudoune. En pleine crise économique et morale où les repères semblent manquer, ce retour aux sources, ce « back to basics » attire le chaland à coup sûr, surtout quand vient s'ajouter un petit made in France qui flatte le consommateur consciencieux. La plupart de ces vêtements affichent donc un niveau de qualité haut de gamme, voire se repositionnent sur le marché de luxe en faisant grimper les prix vers des hauteurs stratosphériques. Il n'empêche, certains préféreront toujours acheter un unique pull Saint James à 120 euros que trois pulls chez H&M. Ringards ou juste un peu oubliés il y a peu, voici huit vêtements qui sont revenus sur le devant de la scène et qui feront sans doute de bons achats durant les soldes d'hiver.


1/ Le coupe-vent de K-Way

Pour ceux qui l'ignorent encore, la marque K-Way est d'origine française, et même parisienne. Créé par Léon-Claude Duhamel, ce coupe-vent en nylon imperméable s'appelait à l'origine « En cas » (de pluie), avant de devenir K-Way sur le conseil de l'agence Havas. Succès international assuré à la clef, grâce à sa matière compressible qui se froisse dans une élégante banane, sans oublier cet élastique coloré qui permettait d'attacher l'ensemble autour de la taille. La marque devient un nom générique utilisable par tous en 1995, à une époque où sa cote de popularité chute aussi vite que celle de François Hollande. Résultat, K-Way disparaît en France, puis est racheté par un groupe italien qui tente de rebooster le K-Way dans la botte (haha). Cette année, pour la première fois depuis très longtemps, K-Way vient d'implanter un magasin à Paris au 35 rue de Charonne, puis un second au 27 rue de Poitou, espérant surfer sur un parfum de nostalgie et l'arrivée de nouvelles matières pour éviter la transpiration. Doublés en duvet ou cachemire, les nouveaux coupe-vent sont plus chics mais plus chers.


2/ Les bottes Aigle

Si, à l'âge de dix ans, vous n'avez jamais mis vos bottes Aigle pour aller vous balader dans la forêt ou sur la plage en plein mois de novembre avec vos parents, vos cousins, votre oncle et votre tante, c'est que vous n'êtes pas né dans les années 1970. La botte Aigle, c'est un mélange subtil de caoutchouc et de bretonnité feinte. Feinte, car à l'origine, l'entreprise est fondée en 1853 par un Américain (d'où le symbole de l'aigle) émigré en France à Montargis. Hiram Hutchinson, c'est son nom, a acheté un brevet à Charles Goodyear, le créateur des pneus, pour fabriquer des bottes en caoutchouc. Résultat, cent-cinquante ans plus tard, cette botte bleu marine et blanche est devenue plus qu'une chaussure : c'est une ode à l'iode, un encouragement à sauter dans les flaques, une baguette magique qui transforme femmes et hommes en Mimi Cracra (l'eau, elle aime-euh ça). Ça coûte 45 euros pour les femmes, 60 pour les hommes, bref rien de ruineux.


3/ La veste à coton huilé Barbour

C'est la veste de papa, de papy ou de tonton, celle qu'il prenait jadis pour se la jouer chasseur quand il partait se balader sur les sentiers forestiers de Saint-Cloud ou de Saint Germain en Laye. Oui, cette veste en coton huilé signé Barbour est un truc de vieux bourgeois, de lord anglais taquinant la pipe et le fusil de chasse, un truc dont on avait honte il y a quelques années encore. C'est désormais le nec plus ultra, même si le seul espace vert à proximité de chez soi est le square des Récollets. Pourquoi un tel engouement ? Parce que c'est la classe british, celle qui ne se soucie pas de la mode, celle qui coûte cher mais qui vaut la peine d'être achetée quand on sait que la marque fabrique des vêtements indestructibles et assure un service après-vente aussi aristocratique que ses clients : amabilité, souci du détail, reprise de votre veste usée pour la remettre à neuf... Ha, et puis on adore leur slogan : « The best British clothing for the worst British weather ».


4/ La 6-Inch Premium boot de Timberland

Dans les années 1990, tout le monde voulait sa paire de godillots Timberland. Il faut dire que la mode était aux chaussures montantes, aux grosses baskets Reebok (cf. les Pump un peu plus bas), aux Caterpillar, bref à tout ce qui enfermait bien la cheville, un truc idéal pour se la fouler. A cette époque donc, pères et fils pouvaient arborer avec fierté la même paire de pompes, pratique, résistante (et pour cause, Timberland propose à l'origine des fringues de bûcheron), qui en impose. Mettez Woody Allen avec une paire de Timberland et même Chuck Norris hésitera avant de lui en coller une. Et puis soudain, les gens les ont remisées à la cave, préférant acheter des chaussures de ville, des baskets basses, des Converse, des Repetto, des Onitsuka Tiger. L'entreprise Timberland va mal au mitan des années 2000, à tel point qu'en 2011 elle est rachetée par The North Face, qui va lui mettre un petit coup de botte aux fessiers pour qu'elle remonte la pente. Après avoir collaboré avec Colette à Paris, Timberland s'acoquine cet hiver avec la marque hip-hop Stüssy pour relooker entre autres la légendaire « yellow boot » (pour la couleur du nubuck reconnaissable entre mille), non sans réussite. Inutile de dire qu'elles sont déjà collector sur eBay.


5/ La marinière Armor Lux

Petit conseil ethnologico-cinéphile : si vous souhaitez qu'on reconnaisse un personnage français dans un film, mettez-lui une marinière. C'est bien connu, nous autres hexagonaux nous déplaçons exclusivement dans ce vêtement à rayures. Il faut bien avouer que depuis quelques années, cette marinière quasiment indémodable s'est glissée partout en France, des boutiques aux politiques, en passant par l'équipe de France de football, dont le maillot façon marinière a fait couler beaucoup d'encre en 2011. Armor Lux n'est pas la seule marque à produire des marinières depuis bien longtemps, on pourrait citer aussi Saint James et Petit Bateau, mais elle est la seule à l'arborer sur son logo. L'entreprise, à l'origine bonneterie bretonne, a plutôt bien vécu le délicat passage des années 1990 et 2000, très délicates pour le textile français, et s'affirme plus forte que jamais aujourd'hui, à une époque où le bonnet breton revient lui aussi en force...


6/ La doudoune Chevignon

Autre étendard des nineties, la doudoune Chevignon a fait son comeback en France en 2009, avant de devenir une tendance lourde en 2012, quand la marque fondée par Charles Chevignon et Guy Azoulay s'est installée chez Colette. Cette même année, Chevignon a aussi réussi son coup en sortant chez Citadium une doudoune rouge inspirée de celle portée par Marty McFly dans Retour vers le futur. Un joli coup commercial avant tout, car le manteau n'avait pas grand chose à voir avec l'original, et surtout il coûtait la bagatelle de 490 euros. Enfumage éphémère ? Possible, surtout quand on lit comment la marque justifie son célèbre logo canard : « symbole d'évasion, il incarne ce subtil mélange de chic et de sauvage, de tradition et de caractère, à l'image d'un bourgeois à l'âme populaire, à la fois aérien et terrien. » Sans blague ? Pour autant, le retour de la doudoune classique Togs Unlimited a ravi un bon paquet de trentenaires, alors ne boudons pas leur plaisir.

7/ La "Pump" de Reebok

Si vous saviez combien de larmes ont été versées sur l'autel de la Pump de Reebok dans les années 1990. Des torrents entiers, par de jeunes garçons sensibles à l'air du temps, aux publicités bien faites et aux stars du sport, mais dont les parents rechignaient à payer une fortune pour de simples baskets, fussent-elles novatrices en matière de coussinets. En effet, à l'aide d'un bouton pressoir en forme de ballon de basket, il était possible de gonfler ou dégonfler à loisir des petits coussins d'air sous la chaussure et autour des chevilles, censés améliorer le maintien du pied. Révolution ou gadget bidon, peu importe, la basket cartonne alors et s'installe à côté de la Stan Smith ou de la Nike Air au rayon des mythes. Puis elle périclita, victime de la terrible loi de la mode, qui détruit ce qu'elle adore. Pour fêter les 25 ans de la Pump, mais aussi sans doute pour capitaliser sur leur formidable gloire, Reebok a décidé en cette fin d'année de ressortir ses différents modèles, au prix raisonnable de 120 euros. Alors, un petit coup de Pump ?


8/ Le ciré jaune Petit Bateau

Rendons à César ce qui lui appartient et à Guy Cotten, décédé cette année, l'invention du ciré jaune. Mais il faut reconnaître que celui commercialisé par Petit Bateau cible moins les pêcheurs professionnels que les citadins en mal de mer. Il est bien loin le temps où ce ciré n'était porté que par des enfants crapahutant sous la pluie ou des marins bretons frondant la houle. C'est bien simple, ce ciré jaune rend désormais folles toutes les fashionistas, qui n'en finissent plus d'attendre un hiver dégueulasse pour pouvoir l'exhiber. Qu'on se le dise, la mode n'aime rien moins que détourner un vêtement de sa route : qu'il s'agisse d'un vêtement de travail, de chasse ou de pêche, bref de tradition (attention, la mode n'est pas loin de ressembler à un parti politique pas très glamour). Le ciré jaune est si tendance qu'il est même devenu un bar hip à Paris, rue Saint-Maur.


Quiz : quel vampire célèbre êtes-vous ?

Sortez les crocs et répondez à notre questionnaire pour découvrir de quel vampire célèbre vous êtes le plus proche.

City links

Global links