Robyn Orlin, Angelin Preljocaj

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Robyn Orlin, Angelin Preljocaj
Dan Aucante

Ce soir-là dans le vestibule du théâtre Jean Vilar (Suresnes), Olivier Meyer affiche un large sourire. Et pour cause, le vingtième anniversaire de Suresnes Cités Danse, plébiscité partout dans la presse, placardé sur tous les murs du métro parisien, attire la foule. Nous sommes donc des centaines ce vendredi soir à avoir bravé à la fois la pluie et les transports en commun pour venir applaudir deux des plus grands chorégraphes du moment : la Sud-Africaine Robyn Orlin et le Franco-Albanais Angelin Preljocaj.

Une chose est sûre, Robyn Orlin aime les titres à rallonge. Après nous avoir gratifié d’un très étonnant ‘Have you hugged, kissed and respected your brown venus today ?’ en novembre dernier au Théâtre de la ville, la chorégraphe présente ‘With astonishment we note the dog… part 3 / remix…’. Voilà tout ce qu’il y a de prévisible chez elle. Ses créations étant pour le moins déstabilisantes. Au carrefour entre danse, théâtre et performance, son nouveau travail met en scène sept danseurs emballés dans des sacs en papier kraft. Lâchés dans le public, ils aboient, se dandinent, tentent de passer entre les rangs, réclament quelques caresses… pour enfin arriver sur un plateau recouvert de tapis rouge, jaune, vert, violet etc. Au son de "Chi Mai", (bande-son de l’inénarrable publicité Royal Canin) les jeunes danseurs jouent à la « baballe », cherchent un maître, utilisent une laisse pour dessiner quelques pas de danse. Une manière d’interroger notre animalité, de mettre en lumière notre rapport aux autres en superposant improvisations et gags. Au centre de son spectacle la figure du chien déstabilise. Certains trouveront l’idée audacieuse, d’autres la jugeront triviale. Au final, personne ne restera insensible à la performance.

Puis vient l’entracte et avec lui un virage à 360° question ambiance. A la folie tonitruante de Robyn Orlin, répond l’extrême douceur de Preljocaj. Un décor minimaliste composé de quatre squelettes de fauteuils et d’autant de danseuses, toutes issues des danses de rue. A première vue, sa création ‘Royaume uni’, féminine et duveteuse, semble bien loin de l’univers hip-hop, majoritairement masculin. Et pourtant même s’il ne fait pas s’affronter les danseuses en « battles », il se dégage de ce ballet une force urbaine, une puissance quasi imperceptible. Ensemble, Marion Motin, Carole Dauvillier, Jann Gallois et Emilie Sudre mêlent leur énergie à la gestuelle anguleuse et ultra-précise du chorégraphe. Un ballet d’une pureté exquise qui fait oublier en quelques secondes la pluie bravée en début de soirée.

Par Elsa Pereira

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