Le meilleur de votre ville

13 choses que vous ne saviez pas sur David Bowie

Ce que l'on a appris des interviews du chanteur aux yeux vairons réalisées par Time Out depuis 1983

En fouillant dans les archives de Time Out, on est tombés sur des anecdotes croustillantes, confiées par le musicien au fil de nos rencontres depuis les années 1980. Au programme : des fonds de poubelles, des cacas collectifs, John Lennon, de la bouillie de sperme et le bug de l'an 2000. Bref, que du lourd.


1

Il était mod, mais faisait les poubelles (avril 1983).

« Un truc qu'on faisait souvent dans les années 1960, c'était d'aller derrière Carnaby Street une fois la nuit tombée pour fouiller dans les poubelles. A l'époque, si un vêtement montrait le moindre signe de détérioration, s'il manquait un bouton ou s'il y avait même un petit défaut, les magasins le jetaient. Du coup, on récupérait des habits géniaux ! »

2

Il a failli devenir fou (avril 1983).

« J'avais la vague l'impression que j'aurais pu être enfermé dans un hôpital et ne jamais en ressortir. Je me sentais déséquilibré à cette époque-là, à la fin de l'année 1976. Heureusement, j'ai été capable de surmonter ça avec l'aide de deux ou trois amis à Berlin. J'ai réalisé après coup combien j'avais été près de perdre la boule ou, même, de ne plus faire partie de ce monde. »

 

3

Il a parlé de la célébrité avec John Lennon, mais ne se souvient pas de grand-chose d'autre (avril 1983).

« Après s'être rencontrés dans un club à New York, Lennon et moi avons passé plusieurs nuits à faire connaissance et à discuter avant d'entrer en studio pour enregistrer la chanson "Fame". Cette période de ma vie n'est pas très claire, j'ai beaucoup de souvenirs très flous, mais je sais que nous avons passé des heures et des heures à parler de célébrité : ce que c'est d'avoir eu une vie et de ne plus en avoir. A quel point tu veux être connu quand tu ne l'es pas, et à quel point, quand tu l'es, tu aimerais revenir en arrière. »

4

Il pouvait faire la fête encore plus longtemps que les Rolling Stones (avril 1983).

« Une fois, ils m'ont vu et se sont rendu compte que je n'avais toujours pas dormi depuis qu'on s'était croisés à une fête plusieurs jours auparavant ! Tout me semblait irréel, totalement irréel. Forcément : à force de rester éveillé aussi longtemps - et il y a des choses qu'il faut faire pour tenir -, la fatigue et l'épuisement engendrent naturellement une sorte d'état hallucinatoire. (Il fait un clin d'œil.) Enfin, presque naturellement. »

5

Il aime l'album 'Low' mais déteste l'influence qu'il a eu (avril 1983).

« Cet album a été incroyablement important pour moi. Et l'état d'esprit que Brian Eno et moi avons insufflé sur 'Low' a influencé la musique anglaise pendant un bon moment. Ce son de batterie fracassé, cet effet brutal et déprimant est devenu tellement à la mode qu'il a dominé les studios pendant plusieurs années. J'aurais préféré ne l'avoir jamais inventé. »

6

Son maquillage pour le film 'L'Homme qui venait d'ailleurs' avait vraiment l'air dégueu (avril 1983).

« Dans le film, la peau de mon personnage était faite d'une mixture étrange, une sorte de bouillie de sperme extraterrestre, qui avait une consistance obscène et bizarre. Je crois que c'était fait à partir de blanc d'œuf, de colorant alimentaire et de farine. »

7

Mais ce n'était pas son premier rôle au cinéma (avril 1983).

« Ma première véritable apparition dans un film, c'était dans 'The Image', un truc underground d'avant-garde en noir et blanc. Le réalisateur - dont je ne me souviens plus du nom - voulait faire un film sur un artiste qui peint le portrait d'un adolescent, et dont le tableau prend vie, puis devient le cadavre d'un autre gars. Je ne me souviens plus vraiment du scénario, si tant est qu'il y en avait un, mais c'était un court-métrage de 14 minutes, et c'était atroce. »

8

Son père tenait un club de catch (avril 1983).

« Ca fait partie de la mythologie familiale. Lorsque mon grand-père est mort, il a laissé beaucoup d'argent à mon père, qui s'en est servi pour investir dans un club pour les catcheurs à Soho, une boîte de nuit qui attirait les loubards et les catcheurs. »

9

Il est fan de football américain (avril 1983).

Lors de cette interview, on apprenait que David Bowie était fan des Redskins de Washington, qu'il avait commenté la performance des Dolphins de Miami lors de la finale du Superbowl de 1982, et que les New York Jets avaient tenté de le rallier à leur cause.

10

Il a été critique littéraire (avril 1998).

«  J'ai commencé à écrire des critiques de livres pour les librairies Barnes & Noble : ils avaient remarqué que j'avais posté plein de critiques sur leur site, et ils se sont dit que ça pourrait être une bonne idée de m'en faire faire pour eux. Je leur ai donné les cinq domaines que j'avais envie de couvrir, de l'art à la fiction en passant par la musique, et c'était parti. Bon, j'avoue que le premier livre que j'ai chroniqué, c'était 'Glam ! Bowie, Bolan & The Glitter Rock Revolution', de Barney Hoskyns... Un excellent bouquin ! »

11

Il a du mal à retenir les paroles de ses chansons (juin 2000).

« Quand je n'ai pas fait de tournée depuis un moment, je n'ai plus aucun souvenir des paroles de mes chansons. Pour les six concerts promotionnels du lancement de mon album 'hours...' (1999), j'ai acheté un classeur dans lequel tout était religieusement organisé, et je l'ai posé sur un pupitre stratégiquement placé sur la scène. Mais finalement, une fois le concert commencé, je n'en ai pas eu besoin : tout m'est subitement revenu, comme par réflexe. »

12

Il a eu peur du bug de l'an 2000 (avril 1998).

« Personnellement, je m'arrangerai pour ne pas être dans un ascenseur ou dans un avion quand ce jour arrivera, ça c'est certain ! Il y a deux ou trois scientifiques très connus qui ont d'ores et déjà préparé leur survie en installant dans le désert des abris, avec à l'intérieur des provisions pour plusieurs années. Ils ont même prévu des armes, et s'attendent à la chute de la civilisation telle que nous la connaissons. »

13

Il rêve d'un musée qui tiendrait dans sa poche (juin 2000).

« Damien Hirst m'a offert une de ses œuvres : une sardine dans une boîte en plexiglas remplie de formol, qui mesure un peu plus de dix centimètres. Ca m'a donné envie de commencer une collection d'œuvres d'art portables, très pratiques à transporter dans les poches des vêtements. »



City links

Global links