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Critique • Poni Hoax

'A State Of War'


Ça commence comme la BO d'un porno des eighties, poilu et suave. Puis ça s'élève dangereusement vers un instrumental surproduit façon U2... On prend peur. Alors la voix de Nicolas Ker vient tout assombrir et tout illuminer, dans un écho. Pas de panique, on est toujours à la maison, les meubles n'ont pas bougé, juste que la déco n'est plus trop à notre goût. Oui, pas d'erreur sur la galette, nous sommes bien en train d'écouter le dernier Poni Hoax, Laurent Bardainne compose toujours avec talent, la voix de Nicolas Ker n'a rien perdu de sa superbe.

Mais voilà, à l'image de son premier morceau, tout l'album est déroutant. On aurait presque honte d'aimer ça tant c'est sucré-disco, funky, voire carrément dansant. Capiteux comme une sortie à Pigalle en duo de célibataires, pour aller draguer des filles plus très fraîches. Dès la sortie du single "Down On Serpent Street" fin 2012, nous étions pourtant prévenus : le Poni Hoax de 'Images Of Sigrid' n'est (presque) plus. Moins épiques mais plus excessifs et tape-à-l'œil, les onze titres composant 'A State Of War' sont sans arrêt sur le fil, empreints d'un kitsch qui leur va finalement plutôt bien. Ici pas de demi-mesure, ça passe ET ça casse au sein d'un même morceau, comme sur les touchants et insupportables "Leaving Home Again", "Young Americans" et "Winter Seal", les uns à la suite des autres.

Tout est fragile, tout est beau, comme un rêve américain fané, un Broadway pour Tourangeaux. Derrière le carton-pâte, le maquillage et la mélancolie, plus grand-chose ici. Eh ouais, "There's Nothing Left For You Here", comme l'annonce l'un des morceaux les plus réussis, avec son refrain pompé sur les Doors période 'L.A. Woman'. Des éclairs de génie à la guimauve dégoulinante, on devine (on espère surtout) une bonne dose de second degré. Au final, Poni Hoax nous aura encore foutu une claque.

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