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Critique • Richard Bona

'Bonafied'




George Benson, Bobby McFerrin, Joe Zawinul… Du haut de ses 43 ans, Richard Bona aura accompagné la crème du jazz crossover. Sideman de référence, il brille tout autant comme compositeur. Né en  1967 au Cameroun (désormais à cheval entre Paris et New York), le bassiste éduqué aux sons du balafon revient avec un splendide album en leader, son neuvième. Minimaliste et plein de coquetteries, ‘Bonafied’ (sorti le 22 avril) réunit les polyphonies d’Afrique noire à la pulsation du jazz et de la pop. Comme souvent, la voix prédomine : Bona se balade dans les aigus avec un timbre suave et précis qui donne envie de faire des câlins à son (sa) voisin(e). Les chœurs, chaleureux, aux harmonies fleuries, viennent renforcer le lyrisme des refrains mais, effet ambivalent, on est souvent borderline, à deux pas du kitsch et d’un romantisme africain exacerbé. Trop de beau tue le beau ? Pas forcément, à la seule condition d’éviter de plonger dans le pathos, ce que fait brillamment Richard Bona via une orchestration millimétrée dont il a enregistré, seul, une bonne partie des instruments – balafon, guitare, percussions etc. Pour le reste (trompette, piano et cordes en tous genres), une flopée de musiciens ont rappliqué en studio pour un résultat peaufiné et très arrangé. Plus acoustique que son précédent disque ‘The Ten Shades of Blues’ – pour le coup vraiment mielleux –, ‘Bonafied’ ressemble à  un album de chansons. Impression renforcée par la présence de Camille et sa voix enfantine sur "La Fille d’à côté", seul titre chanté en français. Difficile de deviner comment ce disque bâti en studio sonnera sur scène. On aura tout de même la curiosité d’aller l’écouter live le 21 mai au Café de la Danse, car une chose reste sure : Richard Bona se bonifie avec l’âge.

Label : Universal Music

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