Gonzaï X: Black Devil Disco Club + Jeremy Jay + Bataille Solaire

Musique, Rock et rock indé
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Gonzaï X: Black Devil Disco Club + Jeremy Jay + Bataille Solaire
© Bataille Solaire

La fin du monde promet d’être moins triste que prévue avec la dixième édition des soirées Gonzai. Au programme de cette veille d’apocalypse, Black Devil Disco Club, Jeremy Jay et Bataille Solaire, histoire de se redonner le sourire avant de mourir en paix.

Des noms de groupes en anglais qui ne veulent rien dire, il y en a des tonnes, la nouvelle génération de pseudo-rockeurs du monde entier en raffolent. Black Devil Disco Club, ça sonne un peu comme Simian Mobile Disco, Two Doors Cinema Club, ou encore Black Rebel Motorcycle Club, pionniers du genre, sauf qu’ici, les mots ne sont pas là que pour faire hype ou cool (ou autre adjectif du même type) mais pour vraiment rendre compte de la musique qu’ils représentent. Pour l’explication, rien de plus simple, tout est transparent: « black » et « devil » renvoient au côté sombre de la voix, et à l’ambiance planante qui règne dans ses chansons et qu’on sent héritée du début des années 1970, « disco » au genre de la musique et  « club » à l’endroit privilégié pour l’écouter, et donc aussi à ses aspects dansants. La grande différence avec les groupes électro actuels, hormis d’avoir un nom qui signifie vraiment quelque chose, c’est que Bernard Fèvre, en 1978 (soit il y a plus de 30 ans) a créé le style de musique que tous ceux-là s’évertuent à copier depuis. Cette année-là, il sort un EP, ‘Disco Club’, très en avance pour son temps car totalement synthpop. Peut-être trop en avance d’ailleurs, puisqu’il fait un flop et tombe dans l’oubli pendant plusieurs décennies, jusqu’en 2004 où Aphex Twin le ressort sur son label. Inhumé de son vivant, mais heureusement retrouvé avant qu’il ne meure pour de bon, le Français aux cheveux trop noirs pour son âge continue de composer, et de jouer quelques concerts. Son dernier album, ‘Circus’, sorti l’an dernier, fait appel à des belles voix pour l’accompagner, comme celles de Nancy Sinatra ou Nicolas Ker. Qu’importe ce qu’il décide de jouer ce jeudi soir, on est assuré, quoi qu’il arrive, de bien danser.

Il y aura aussi Jeremy Jay, jeune américain aux airs d’adolescent complexé. Ses titres d’albums ne font que renforcer cette image ; entre ‘Dream Diary’, ‘Slow Dance’ ou ‘A Place Where We Could Go’, on sent que les filles l’ont tourmenté longtemps. En résumé, des textes intimes, une voix fragile, une guitare rock, le tout maladroit, mais dans le bon sens du terme, touchant. Sa musique, encore au stade pubère, gagnera en maturité avec le temps, on l’espère. Peut-être que son dernier album, ‘Abandoned Apartments’, qu’il nous fera découvrir à la Maroquinerie, portera enfin le signe d’un passage à l’âge adulte. On l'attend en tout cas avec impatience.

Et enfin, Bataille Solaire, qui ne compte qu’un seul guerrier dans ses rangs, le canadien Asaël Robitaille. Guitariste à ses heures perdues pour Femminielli ou Jef Barbara, c’est son projet solo qu’il vient ici présenter. Expérimentale, psychédélique, rock, électro, progressive, sa musique prend parfois plus l’air d’un concept que d’une réelle mélodie. Les titres des chansons de son dernier EP, ‘Documentaires’, reflètent le monde drôle et étrange dans lequel il semble vivre (en apnée, sans doute) : "Prière Aquatique" ou encore "Décoration Moléculaire". Pas sûr que chez lui les Mayas et leur fin du monde aient vraiment un sens.

Par Pia Bou Acar

Téléphone de l'événement 01 40 33 35 05
Site Web de l'événement http://gonzai.com/
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