Orelsan

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Orelsan
wahib chehata / david tomaszewski
Orelsan

Le rappeur français Orelsan est une graine subversive qui énerve. Normal quand on a la verve provocatrice et qu’on aime la polémique. Avec son premier album 'Perdu d’avance' il a gagné le pari de conquérir son public, malgré l'interdiction de participer au Printemps de Bourges, aux Francofolies de la Rochelle et de se produire dans diverses salles de concert. La chanson "Sale pute" est effectivement machiste et insultante, on a déjà fait plus intelligent comme message. Orelsan, issu de la banlieue pavillonnaire de Caen se prend pour un bad boy et c’est bien ce qu’on lui reproche. Il sait néanmoins faire preuve d’autodérision, comme sur "Perdu d’avance" où il dit de lui « bientôt 26 ans, toujours en pleine crise d’adolescence », et c’est vraiment l’impression qu’on a quand on écoute "Soirée ratée" par exemple.

Mais Orelsan a mûri (en aurait-il fini avec l’adolescence à 29 ans ?), comme on peut le constater sur son dernier album ‘Le Chant des sirènes’, dans lequel il dresse des constats de société en finesse, toujours avec de beaux uppercuts verbaux. Cet album, plus creusé que le précédent, est très aiguisé et acéré. Enfin une nouvelle pépite de rap français comme on en avait pas entendu depuis longtemps. "Suicide social", "Plus rien ne m’étonne", "Raelsan", "Mauvaise idée" sont des tracks percutants et pertinents très aboutis. Sur cet album, il a enrichi la rythmique classique du rap français de beats électro et dubstep. Peut-être s'est-il inspiré de "N’importe comment", un morceau électro-rap énervé et réussi qu'il a enregistré avec Toxic Avenger. Il viendra enflammer la scène du Bataclan, et nous montrer ce qu’il a dans le ventre dans une salle comble.

Par Camille Griffoulières

Site Web de l'événement http://www.myspace.com/orelsan